Chasse au trésor, Molly Keane

Publié le par LadyRomance

Chasse au trésor, Molly Keane

La couverture ci-dessus est celle de l'édition que j'ai lu au format gros caractères.

Le roman existe en format Poche, publié le 27 mai 2014.

Thèmes : Irlande, comédie de mœurs, portraits, famille ruinée...

Finis le champagne, les journées aux courses, les escapades à Monte-Carlo... Au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, les propriétaires de Ballyroden doivent changer drastiquement leur mode de vie. Le benjamin de la famille, sir Philip, décide de faire du château une maison d'hôtes. Il reçoit trois Londoniens fortunés, un frère, sa sœur et la ravissante fille de celle-ci, persuadés de jouir du calme luxueux de la campagne irlandaise. En découvrant des souris dans sa chambre décrépite, Dorothy comprend qu'elle a fait fausse route, mais sa fille et son frère insistent pour rester à Ballyroden : la première a succombé aux charmes de sir Philip, et le second ajoute foi aux délires de tante Anna Rose. Persuadée d'arpenter le monde en avion privé, cette vieille dame au passé mystérieux soutient que se trouve, dissimulée dans la maison, une coquette quantité de rubis...

Dans ce roman à mi-chemin entre la comédie de mœurs, le vaudeville et le théâtre policier à l'anglaise, Molly Keane, en grande satiriste, dresse une galerie de portraits tous plus échevelés les uns que les autres.

J'ai emprunté ce roman irlandais à la bibliothèque parce que je souhaitais lire quelque chose de différent. Le titre et la couverture ont attiré mon attention. La quatrième de couverture et ma curiosité ont fait le reste. L'original est sortie en 1952 avec le titre "Treasure Hunt", un classique en Irlande.

C'est un roman plutôt particulier avec un style qui m'est totalement inhabituel. C'est très "parlé". Une succession de dialogues. Un peu déstabilisant au début mais je m'y suis habituée au fil des pages. Ce que je trouvais intéressant, c'est cette envie de poursuivre pour savoir ce qu'il en ressortirait du fait que ce genre et ce style était tout à fait nouveau pour moi.

C'est un peu comme une pièce de théâtre mais tout en étant un roman. Les personnages sont totalement "déjantés" tout en se croyant totalement "normaux". C'est l'histoire d'un épisode de vie d'une famille un peu particulière, c'est le moins qu'on puisse dire !

Suite au décès du maître de la propriété de Ballyroden, le benjamin de la famille, Sir Philip, s'aperçoit que la famille est ruinée. Il décide donc de transformer les lieux en maison d'hôtes. Mais c'est sans compter la désapprobation des membres plus âgés de la famille vivant dans les lieux qui ont toujours connu l'opulence et le gaspillage. Niant la réalité, ils ne veulent pas "d'étrangers" chez eux.

C'est dans cette ambiance que débarquent les premiers arrivants d'un long et fatiguant voyage : Dorothy, sa fille Yvonne et Eustace, le frère de Dorothy. Yvonne ignore que sa mère ne l'emmène pas par hasard mais pour y rencontrer leur hôte Sir Philip. Mais le plus étrange dans cette ambiance, c'est Tante Rose qui a vécu une histoire d'amour merveilleuse dans sa jeunesse avec un très bel homme et parle de rubis cachés dans la maison qu'elle laissera à Veronica, l'amie de Sir Phllip. Cependant, elle n'a plus le souvenir de la cachette. Un trésor qui serait le bienvenue pour cette famille ! Les économies drastiques à faire, irritent au plus haut point les derniers de cette génération antérieure qui en a abusé.

Si la première partie est une centaine de pages sur la présentation de la famille, de la situation précaire et de l'idée de sa solution avec une suite de dialogues, la seconde est une centaine de pages plus rythmée et vivante sur l'arrivée de la famille de voyageurs qui sont accueillis dans des conditions épouvantables pour des raisons complètements inattendues. Après une envie irrémédiable de vouloir partir au plus vite, Dorothy accepte de rester notamment sur l'insistance de son frère fasciné par ces gens et particulièrement par Tante Rose qui se croît toujours sur le point de prendre un train ou un avion. Elle le vit vraiment en montant dans un cabriolet installé dans le salon sous les yeux de tous. Cela donne des scènes cocasses et l'on suit cette famille dont la fantaisie des plus âgés nécessite le sérieux des plus jeunes dans une société qui change, et où la vie facile et insouciante d'avant doit laisser place à une vie plus organisée et restreinte.

J'ai bien aimé suivre cette histoire classique en Irlande qui a tout à fait répondue à la curiosité que m'inspirait son résumé et à un besoin momentané de lire quelque chose de totalement inhabituel pour moi.

Elle avait vieilli dans son monde imaginaire, tout en demeurant en phase avec son temps. Elle n'avait rien de l'ombre de cet enfant-fiancée désespérée qu'elle avait fuie. Elle était séduisante, grotesque, amusante, moqueuse, adorable, la dame que vous vouliez qu'elle soit. Et elle était portée, soutenue, isolée par l'air et le souffle de la beauté. Cela exaltait injustement chaque petite action, amplifiait et rehaussait tout ce qu'elle faisait. Exagérait tout ce qu'elle était.

Mon frère est un fervent collectionneur d'antiquités, dit Dorothy, dont le regard alla ostensiblement se poser sur les gens, pas sur les meubles.

Ils pénétrèrent dans le salon comme on entre dans un bain chaud , avides de bien-être corporel.

Publié dans Roman historique

Commenter cet article