Jane Austen : sa vie - son oeuvre (1ère partie)

Publié le par LadyRomance

Portrait présumé de Jane Austen en 1789 par Ozias Humphry

Portrait présumé de Jane Austen en 1789 par Ozias Humphry

Je vous propose une présentation de Jane Austen et de son oeuvre. Mes recherches ont été l'occasion pour moi de m'informer et d'en apprendre d'avantage sur l'auteure anglaise, ainsi que sur ses romans, afin de les partager avec vous. Mes sources d'informations viennent en grande partie de Wikipedia, de mes lectures et connaissances sur Jane Austen, ses romans, ses lettres etc. J'espère que vous aurez autant de plaisir à la découvrir ou à la redécouvrir dans cette article qui comportera deux parties, que j'en ai eu à le réaliser.

L'héritage de Jane Austen

 

Jane Austen n'a jamais été aussi populaire que de nos jours. Elle nous a laissé un véritable trésor... une fortune inestimable... qui nourrit des millions de lectrices de par le monde et suscite encore maintes vocations. Nombreuses sont ces auteures qui s'inspirent aujourd’hui encore de son œuvre allant de la réécriture à des suites, voire des transpositions proximisantes de qualités variables. Un mot a même été inventé pour cela : les austeneries.

Si de son temps, Jane Austen n'était connu que d'une certaine élite de la haute société anglaise, c'est qu'elle même se faisait discrète. Il se trouve qu'une femme n'était pas censée écrire des romans. Malgré tout, même si elle ne dévoila pas son nom au début, elle y faisait figurer l'indication : by a lady ! Elle souhaitait donc que l'on sache que c'était écrit par une femme tout de même. C'est ainsi que bien qu'elle désirait que ces romans soient connus et appréciés, sa discrétion ne lui permit pas de sortir de l'anonymat. A cette époque, la discrétion étant de mise, il valait mieux garder sa vie privé pour soi. C'est pour cela que nous connaissons peu de Jane Austen car la plupart des lettres qu'elle écrivit, surtout à sa sœur, furent détruites quand elles n'étaient pas garder secrètes. C'est en 1869, grâce à la biographie "Souvenir de Jane Austen" écrit par son neveu, c'est-à-dire 52 ans après sa mort, qu'un public plus large commence à s'intéresser à elle. De nos jours, ce sont évidemment les adaptations à la télévision ou au cinéma de ses romans ou de sa vie qui ont contribué à rendre Jane Austen si populaire. Et nombreuses sont les maisons d'éditions qui éditent et rééditent ses romans depuis plusieurs années. Jane Austen n'a peut-être jamais été aussi lue et appréciée que maintenant. Elle sera d'ailleurs représentée sur les billets de banque anglais de 10 livres en 2017. Ses initiateurs ont salué ce choix de Jane Austen comme "un jour exceptionnel pour les femmes et fantastique pour le pouvoir du peuple".

Nous sommes nombreuses à nous être mise à l'heure anglaise avec Jane Austen. Elle nous fait découvrir et aimer l'Angleterre, et particulièrement celle de la Régence. Même si ceci n'est souvent que le début de l'éventail d'intérêt que cela suscite chez ses lectrices par la suite pour les romans historiques en général. Mais revenons à cette période de l'Angleterre géorgienne de la fin du XIXe et du tout début XXe qui inclut la Régence, et qui constitue le cadre de ses romans. Je vous propose de découvrir ou redécouvrir la vie de Jane Austen à travers l'héritage qu'elle nous a laissé : son oeuvre.

Les jeunes années de Jane Austen

 

Jane Austen est née le 16 décembre 1775 à Stevenson dans le Hampshire. Ses parents appartiennent à la petite gentry, c'est-à-dire la bonne société anglaise, en particulier la noblesse non titrée. Son père William George est recteur de la paroisse anglicane de Stevenson et du village voisin. Jane est l'avant dernière de la famille. Cinq de ses six frères sont ses aînés. Elle a une sœur prénommée Cassandra comme sa mère, de 2 ans plus âgée qu'elle dont elle sera extrêmement proche durant toute sa vie. C'est dans un cadre accueillant que Jane vit ses premières années entourée de l'affection des siens. A l'âge de 7 ans, en 1783, elle part faire des études avec sa soeur, d'abord à Oxford, puis peu après, à Southampton. Mais, elles doivent retourner à Stevenson car elles attrapent le typhus qui manque d'emporter Jane. Elles repartent en pension au début de l'année 1785. Jane vient d'avoir 9 ans. Les deux soeurs suivent vraisemblablement l'enseignement du français, de l'orthographe, de travaux de couture et de broderie, de la danse, de la musique, et peut-être du théâtre. Cependant, elles sont de retour chez elles dès décembre 1786, après deux ans d'études, car leurs parents ne peuvent plus financer leur pension. L'éducation de Jane est alors complétée à domicile par la lecture, orientée par son père et ses frères James et Henry, respectivement 10 et 4 ans de plus qu'elle. La bibliothèque familiale constituée de près de 500 ouvrages concerne essentiellement la littérature et l'histoire. Le père de Jane tolèrera toutefois certaines tentatives de lecture parfois "risquées" selon le terme anglais. La vie au foyer des Austen baigne dans une "atmosphère intellectuelle ouverte, amusée et facile" selon Park Honan, biographe de Jane Austen. Les idées sociales ou politiques autres que les leurs sont prises en compte et discutées. Les représentations théâtrales privées faisant aussi partie de l'éducation, de sept à treize ans, Jane participe à une série de pièces que montent sa famille et ses proches.

Selon toute vraisemblance, Jane Austen commence à écrire à 11 ans en 1787, des poèmes, des histoires et des pièces pour son propre amusement et celui de sa famille, connus aujourd'hui sous le nom de Juvenilia et contenant des écrits allant jusqu'à 1793. Parmi ceux-ci, se trouve un roman satirique, Love & Freinship (et non, friendship, c'est là une des nombreuses erreur d'orthographe de l'histoire) dans lequel elle se moque des romans sentimentaux à la mode. C'est clairement une parodie des romans sentimentaux que Jane lisait dans son enfance. A lui seul, le sous-titre suffit à le prouver : deceived in Freindship and Betrayed in Love (trompé(e) en amitié et trahi(e) en amour) qui vient en quelque sorte contredire le titre. Dans la forme, l'histoire ressemble à un conte de fée, mettant en scène d'extraordinaires coïncidences et des retours de fortune, mais Jane se montre décidée à brocarder les conventions des histoires romanesques, jusque et y compris dans l'échec complet des évanouissements romanesques qui se terminent ici toujours mal pour les personnages féminins. Dans cette histoire apparaissent déjà l'humour aigu et le dédain de l'émotion romanesque dont Jane fera preuve dans les romans de sa maturité.

Devenue adulte, Jane continue à vivre chez ses parents, se consacrant aux activités habituelles d'une femme de son âge et de son statut social. Elle joue du piano-forte, aide sa sœur et sa mère à diriger les domestiques, assiste les femmes de la famille lorsqu'elles accouchent et les parents âgés sur leur lit de mort. Elle envoie de courts écrits à ses nièces Fanny Catherine et Jane Anna qui viennent de naître. Elle se montre particulièrement fière de ses talents de couturière. Jane fréquente l'église régulièrement, rend visite à ses amies et ses voisins et lit des romans, souvent ceux qu'elle a écrit elle-même, le soir à haute voix et en famille. Les relations entre voisins conduisent souvent à danser, de façon improvisée lors d'une visite, après le souper, ou lors de bals organisés dans les salles de réunion de l'hôtel de ville. D'après son frère Henry, Jane adorait danser, et d'ailleurs y excellait".

Peu après Love & Freindship en 1789, Jane prend , selon Park Honan, la décision "d'écrire pour gagner de l'argent, et de se consacrer à raconter des histoires", en d'autres termes de devenir écrivain professionnel. Il est avéré qu'en 1793 alors qu'elle va avoir 18 ans, Jane entreprend des œuvres plus longues et plus complexes.

C'est cette même année qu'elle commence puis délaisse une courte pièce de théâtre, plus tard intitulée Sir Charles Gandison or the Happy man : a comedy in five acts (Sir Grandison, ou l'Homme heureux : une comédie en 5 actes) qu'elle terminera vers 1800. Il s'agit d'une parodie de quelques résumés à usage scolaire de son roman favori L'histoire de Sir Charles Grandison de Samuel Richardson datant de 1753.

Mais c'est surtout entre 1793 et 1795, de 17 à 19 ans, qu'elle écrit un court roman épistolaire, Lady Susan, considéré comme son ouvrage de jeunesse le plus ambitieux. Il ne ressemble à aucun autre de ses ouvrages. Claire Tomalin voit en son héroïne une prédatrice sexuelle qui use de son intelligence et de son charme pour manipuler, trahir et tromper ses victimes, amants, amis ou proches.

C'est avant l"année 1796 comme se le rappellera sa sœur Cassandra, que Jane lit devant sa famille Elinor et Marianne qui se présentait sous forme de série de lettres et qui deviendra bien plus tard lors de sa publication en 1811 Raison et Sentiments.

Enfin, c'est également durant cette période qu'a lieu un autre événement, celui de l'arrivée d'un neveu de la famille voisine, un certain Thomas Langlois Lefroy qui vient séjourner de décembre 1795 à janvier 1796 à Stevenson. Jane vient d'avoir 20 ans. Fraîchement diplômé de l'université, Thomas s'apprête à déménager à Londres pour s'y former au métier d'avocat. Jane le rencontre probablement lors d'une rencontre entre voisins ou lors d'un bal. Elle écrit à sa sœur à son propos : « J'ai presque peur de te raconter comment mon ami irlandais et moi nous sommes comportés. Imagine-toi tout ce qu'il y a de plus dissolu et de plus choquant dans notre façon de danser et de nous asseoir ensemble. » Mais la famille du jeune homme écarte Thomas de Jane dès la fin janvier. Ni l'un ni l'autre ne sont fortunés, ce qui ne permet pas d'envisager le mariage. Thomas dépend d'un grand oncle irlandais pour financer ses études et s'établir dans sa profession. Jane ne le reverra jamais.

 

 

Billet de Banque Ten Pounds 2017 - Le presbytère de Stenson et son parc
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