Les heures lointaines, Kate Morton

Publié le par LadyRomance

Les heures lointaines, Kate Morton

Publié en Juin 2011 aux Editions Presses de la cité, 634 pages, et chez Pocket Editions le 2 mai 2013.

Thèmes : Secrets de famille - Château - Seconde Guerre Mondiale - Gothique - Mystère...

Tout commence par une lettre égarée pendant près d'un demi-siècle et qui ne parviendra que bien des années plus tard à sa destinataire... Lorsqu'elle reçoit un courrier en provenance du Kent qui aurait dû lui arriver cinquante ans auparavant, Meredith Burchill révèle à sa fille Edie un épisode de sa vie qu'elle avait gardé secret jusqu'alors. En septembre 1939, comme beaucoup d'autres enfants, Meredith avait été évacuée de Londres et mise à l'abri à la campagne. Recueillie par des aristocrates du Kent dans le château de Milderhurst, elle était devenue l'amie de l'excentrique et talentueuse Juniper, la cadette de la famille. Pourquoi Meredith a-t-elle dissimulé son passé à sa propre fille ? Et pourquoi n'est-elle pas restée en contact avec Juniper, devenue folle après avoir été abandonnée par son fiancé ? Afin de reconstituer le puzzle de son histoire familiale, Edie se rend au château de Milderhurst dont les vieilles pierres cachent plus d'un secret.

mon avis

Même si je n'ai pas tout aimé à 100% car, voyez-vous, j'aurais souhaité des circonstances plus heureuses pour nos personnages du passé (on ne se refait pas !), ce qui ne correspond pas au genre du roman voulu par l'autrice justement. Mais je me suis régalée quand même.

J'adore la conteuse en Kate Morton. J'adore son univers. Elle sait nous embarquer dans ses histoires car elle aime les écrire pour nous transmettre avec délectation son amour de la littérature gothique et romanesque.

Moi qui aime les manoirs, j'ai été servi, mais avec ce fabuleux château... en décrépitude... qui n'a rien à leurs envier et qui connut ses heures de gloire et des jours meilleurs... et d'autres plus dramatiques... sans oublier le mystérieux mais non moins merveilleux grand parc qui l'entoure.

Le roman est long car l'autrice prend son temps... pour tout nous raconter... toute l'histoire des trois occupantes du château, les soeurs Blythe, et de celle d'Edie, l'héroïne, une jeune éditrice des années 90.

C'est encore ici avec Les heures lointaines mais différemment du Jardin des secrets, une lecture prenante, envoûtante, passionnante. J'adorerais voir tout ça en film ! Frissons garantis !!!

Tous les personnages sont bien travaillés et l'héroïne est très attachante. Elle est nos yeux et nos oreilles pour découvrir et comprendre le passé de sa mère qui la relie à ce château dans lequel elle a passé plusieurs mois lors de son enfance, mise à l'abri dès le début de la seconde guerre mondiale, qui ont marqué sa vie à tout jamais, tranchant radicalement avec la vie qu'elle menait jusqu'alors. Deux mondes... deux catégories sociales différentes mais surtout deux niveaux culturels opposés... deux visions de la vie radicalement différentes... dont Edie va renouer les liens pour sa mère.

Je poursuivrais assurément l'oeuvre de Kate Morton car cette lecture m'a donné juste l'envie de connaître encore plus tous ses autres romans.

 

 

Elle inspira profondément et déplia la lettre. Ses yeux parcoururent avidement les lignes, le plus vite possible; puis elle revint au début de la missive, se força à lire plus lentement, se laissa pénétrer par le sens des mots, cependant que du plus profond de son âme une vague de bonheur et de légèreté se répandait dans tout le reste de son corps et déposait sur le bout de ses doigts quelques pincées de poussières d'étoiles.

Chut... Tu l'entends ?
Toi, je ne sais pas, mais les arbres, oui. Les arbres sont les premiers à sentir son approche.
Ecoute. Entends-tu dans la forêt si sombre et si secrète les arbres trembler et secouer leurs feuilles, fines coques d'argent battu ? Entends-tu le vent rusé se faufiler entre leurs cimes, murmurer son message ? Bientôt, tout va recommencer.
Les arbres le savent bien, eux qui sont sans âge ; ces moments-là, ils les ont déjà vécus.

Elle avait l'impression d'être un personnage de fiction échappé par miracle du livre dans lequel son créateur l'avait détenu, avec autant de bonté que de détermination. Elle avait trouvé une paire de ciseaux, découpé un trou dans la page, et se retrouvait à présent au milieu d'un récit infiniment plus bruyant, plus sale et plus endiablé. Mais ô combien délectable !

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