La maison de la falaise, Audrey Perri

Publié le par LadyRomance

Publié le 30 mai 2018 chez City Editions,  477 pages.

Thèmes : Début XX° siècle à nos jours - Secrets de famille - Suspense - Romance...

Dévastée par une récente rupture, Alma quitte Londres pour passer l'été chez sa grand-mère Mina, dans un petit village au bord de la mer. C'est là, dans la bibliothèque familiale, qu'elle découvre entre les pages d'un livre, une ancienne lettre.
Le courrier est adressé à son arrière-grand-mère, autrefois employée chez les Wilson, une famille habitant une grande maison du coin, battue par les embruns.

Qui est cette femme noyée dont la lettre parle avec tant de douleur ? Quel rôle a été joué par sa propre famille dans ce drame ?

Alma se lance sur les traces de Selina Wilson, une jeune femme qui a vécu dans les années 1910. Une femme éprise de liberté, refusant de se plier à un mariage arrangé.

Dans les méandres d'une histoire familiale tourmentée, Alma va découvrir un secret bouleversant.

 

mon avis

La maison de la falaise est le premier roman papier de Audrey Perri. Et pour un premier roman, je peux d'ores et déjà vous dire que c'est une réussite.

Audrey Perri, vous la connaissez déjà peut-être pour son blog Cellardoor. J'appréciais déjà ses chroniques sincères et tranchées et j'avais eu un aperçu de son univers avec sa nouvelle (e-book) Une bonne âme qui laissait présager d'intéressantes capacités d'écriture. Connaissant ses lectures et ses goûts à travers son blog, j'étais vraiment curieuse de découvrir son premier roman. Et là, j'ai été bluffée par la maturité du récit pour une jeune écrivain. Je lui ai trouvé quelque chose de Kate Morton, et l'intrigue m'a rappelé par certains aspects L'ange de Marchmont Hall de Lucinda Riley.

Audrey possède une grande maîtrise de son intrigue et de ses personnages. En lisant, je me disais qu'il était très rare de connaître le caractère des personnages avec autant de profondeur et de réalisme. Car l'autrice ne cherche pas à ce qu'il y ait des gentils et des méchants. Les personnages ont une personnalité et un contexte de vie qui les mènent à certaines décisions selon ce qu'ils croient juste ou se laissant mener par leurs passions ou bien parfois par leurs émotions destructrices. Audrey sait laisser percevoir ce qui se cachent derrière ces âmes. Un personnage comme celui de Catherine Wilson, par exemple, est habituellement le genre de personnage que l'on n'aime pas, un point c'est tout. Parce qu'elle vient gâcher la vie de sa fille en lui désignant un avenir tout tracée alors que celle-ci souhaite se mettre au service des autres et faire quelque chose de sa vie. Et bien ici, Catherine fait des choix qui sont les siens dans le contexte difficile qui lui est donné par son entourage et les moyens qu'elle possède. Ni plus ni moins. Elle m'a même émue à cause des circonstances auxquelles elle est confrontée et qui viennent se heurter aux exigences et conventions de son époque .

Les personnages du roman sont ainsi, fragiles et forts à la fois. Ils sont profondément humain dans leurs espoirs et leurs failles, leurs ressources et leur vulnérabilité. Étrangement, mon personnage préférée est Mary Clark, la mère de Laura et Sybil. Pourtant, il s'agit d'un personnage secondaire qui occupe peu de place dans le déroulement de l'histoire mais je l'ai imaginé douce, bienveillante et digne, d'une beauté lumineuse par sa simplicité. J'ai adoré cette femme.

L'intrigue se met en place sur plusieurs chapitres avec de nombreuses introspections, notamment concernant Alma, l'héroïne. De ce fait, j'ai ressenti un manque de rythme au détriment de l'action ou de descriptions des lieux dont je suis si friande. Mais c'est de cette façon que le récit nous plonge peu à peu dans une atmosphère particulière se déroulant en 1909. Deux familles qui vivent dans deux demeures à côté l'une de l'autre sur une falaise près de la mer. Ce sont deux familles dont les personnages qui nous intéressent vivent relativement en huit-clos puisque les deux mères ont peu de relation avec l'extérieur.

Les deux filles cadettes de chacune des familles sont de très bonnes amies. L'une est Selina Wilson qui a un frère aîné, Matthew, dit "fragile" par sa mère. L'autre est Laura Clark, la sœur de Sybil ayant un comportement caractériel. Par ailleurs, Selina considère comme une amie très chère une employée de maison, Helen, qui est chassée par Catherine pour être tombée enceinte. Enfin, le drame est que l'on suppose très vite que c'est l'une des trois jeunes filles qui fut retrouvée noyée quelques années plus tard. Mais nous ignorons vraiment laquelle et pourquoi.

Il se trouve qu'Helen est l'arrière grand-mère d' Alma, notre héroïne, une jeune femme de 29 ans, qui vient passer l'été 2011 chez sa grand-mère Mina suite à une rupture amoureuse soudaine et la perte de son emploi. Lorsqu' Alma trouve dans la bibliothèque de sa grand-mère une vieille lettre qui parle d'une noyée, elle va vouloir élucider l'affaire sachant qu'il y a un rapport avec sa famille.

La maison de la falaise est un roman avec une ambiance forte et mystérieuse, mais vous y trouverez aussi du suspense et de la romance. Si le récit consacré au passé est d'une atmosphère à l'intensité grandissante au fil des pages, elle est plus légère et drôle avec des personnages très sympathiques et fort attachants dans le récit consacré à notre époque même si l'héroïne vit une période de remise en question difficile.

Écrit d'une belle plume originale et juste, on passe tour à tour de la crainte, au choc, du sourire, au rire avec des événements tragiques qui laissent aussi une belle place à l'espoir et au renouvellement.

La maison de la falaise d'Audrey Perri est un coup de coeur !

 

La maison de la falaise, Audrey Perri

Leur maison avait été une jolie boîte dans laquelle ils s'étaient blottis avant d'en refermer le couvercle sur eux. Sans le savoir, le jeu avait alors pris une autre tournure. C'était au premier qui suffoquerait. Elle avait eu beau se démener, percer les murs pour leur aménager des arrivées d'air salvatrices, c'était lui qui avait manquer d'air le premier...

On pouvait bien se targuer d'être parfait, tant que l'on vivait avec des gens imparfaits, on était à l'abri de rien. Et George, son cher mari, avait toujours été l'imperfection incarnée.

Il n'avait pas fait sa B.A. du mois et elle représentait une bonne opportunité pour se racheter aux yeux du Tout-Puissant ou quelque chose de ce genre.

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Hellobeautymag 14/06/2018 13:23

Coucou,
le résumé me fait très envie!
Hâte de lire ta chronique!
Bisous
Maryline