Le jardin de l'oubli, Clarisse Sabard

Publié le par LadyRomance

Publié le 13 février 2018 aux Editions Charleston, 430 pages, 19 euros.

Thèmes : France - Arrière pays niçois - De nos jours - Début XXè siècle - La Belle Epoque - La Belle Otero - Secrets de famille - Quête d'identité...

« Peu à peu, alors que le train avançait, elle se laissa emplir par la douce certitude que, désormais, sa vie lui appartenait. Elle filait vers son destin, là où rien ni personne ne pourrait plus l'entraver. »

1910. La jeune Agathe, repasseuse, fait la connaissance de la Belle Otero, célèbre danseuse, dans la villa dans laquelle elle est employée. Une rencontre qui va bouleverser sa vie, deux destins liés à jamais par le poids d'un secret.

Un siècle plus tard, Faustine, journaliste qui se remet tout juste d'une dépression, se rend dans l'arrière-pays niçois afin d'écrire un article sur la Belle Époque. Sa grand-tante va lui révéler l'histoire d'Agathe, leur aïeule hors du commun. En plongeant dans les secrets de sa famille, la jeune femme va remettre en question son avenir.

mon avis

Les romans de Clarisse Sabard ont toujours un effet "cocoon" sur moi. Je les trouve en effet dotés de délicatesse et enveloppant. C'est une autrice que l'on sent bienveillante et qui aime à offrir à ses lecteurs un moment de chaleur humaine. C'est comme cela que je le ressens. Et Le jardin de l'oubli est particulièrement ainsi parce qu'il évoque avec humour et douceur les thèmes habituels de Sabard, à savoir les secrets de famille, les liens familiaux, l'amitié, l'amour bien sûr, auxquels se rajoute ici la solidarité avec le thème de l'immigration clandestine.
Le roman raconte l'histoire de Faustine, 33 ans, qui découvre un mois avant son mariage que son fiancé la trompe avec sa propre cousine à lui. Ecoeurée, elle se venge le jour du mariage au moment de dire "non" au lieu du "oui" que tout le monde attend. Et elle révèle le pourquoi de son "non" devant les deux familles provoquant l'indignation. Mais loin de la libérer, la dépression pointe son nez. Elle en sortira après quelques mois profitant de se laisser porter par les choses simples de la vie. Elle démissionne ensuite de son poste de professeur d'Histoire-Géo pour travailler comme journaliste pour un magazine spécialisé en Histoire pour lequel elle rédige en free-lance des articles. Jusqu'à ce qu'on lui confie la mission de constituer un dossier sur la Côte d'Azur à la Belle Epoque avec pour objectif de dénicher à ce sujet des anecdotes inconnues du grand public.
Faustine part donc s'installer dans un village de l'arrière pays niçois chez sa grand-tante Caroline, écrivain local de romans policiers. Faustine découvre une fois installée, une photo de la mère de Caroline, Agathe, posant avec la Belle Otero, une célèbre danseuse, une des fameuses "cocottes" du début du XXè siècle. Ainsi, c'est l'histoire de Agathe qui est raconté, repasseuse pour les clients résidant dans l'hôtel de ses parents et pour des clients du village. Cependant, Agathe aspire à une autre vie, souhaitant plus que tout sortir de sa condition sociale. Audacieuse, elle va trouver une amitié et des conseils auprès de Caroline Otero dont le prénom sera donné justement à sa grand-tante.
C'est donc un roman sympathique et émouvant qui se déroule sur deux époques dans un cadre exceptionnel entre terre et mer sur la Côte d'Azur, de nos jours et à la Belle Epoque et qui révèlera bien des secrets. J'ai encore une fois beaucoup ri grâce à l'humour de l'héroïne et on s'attache si bien à tous ces personnages qu'ils finissent par nous paraître si familiers et vivants que l'on peine à les quitter. Car c'est toujours un délicieux moment que celui que l'on passe en compagnie d'un roman de Clarisse Sabard. Avec ce trosième roman, elle devient absolument une valeur sûre.

L’eau est toujours là, même si plus aucun enfant ne vient s’y ébattre. J’espère que les miens y nageront, l’été. Il y a aussi cette fausse grotte, près de laquelle nous nous séchions. Je me rappelle à quel point tu déplorais cet artifice, alors qu’il y en a des naturelles partout autour de Caussières, là où les rivières deviennent plus sauvages et plus étroites.
Mais ce jardin enchanté, vois-tu, je le préfère en automne. J’ai l’impression de me trouver dans un endroit différent. Le parc évolue au fil des saisons comme nous grandissons au fil des ans. Il devient silencieux, tranquille et dépouillé quand j’ai besoin de calme.

- Je ne crois pas que les secrets révélés fassent du mal, analyse Hammad. C'est ce qu'on en fait qui leur donne toute leur intensité. Ce sont les leçons qu'on en tire qui peuvent nous libérer.

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