Le temps de l'amour, Colleen McCullough

Publié le par LadyRomance

Publié le 4 juillet 2018 aux Editions de l'Archipel que je remercie pour le Service Presse, 594 pages, 23 euros.

Thèmes : Romance - Aventure - Australie - Saga familiale - fin XIXème siècle...

Écosse, 1872. À 16 ans, Elizabeth n’a jamais quitté son petit village, sa famille nombreuse et son père autoritaire. Aussi sa vie est-elle bouleversée par la demande en mariage d’Alexander Kinross, un cousin parti faire fortune en Australie.
Après une longue traversée, Elizabeth découvre un pays sauvage et un homme qui l’impressionne – mais dont elle pressent qu’elle ne l’aimera jamais.
Par chance, il y a la sulfureuse Ruby qui, malgré son amour pour Alexander, prend Elizabeth sous son aile… jusqu’au jour où celle-ci croise le chemin de Lee, le jeune fils de son amie…
Avec le brio qu’on lui connaît, Colleen McCullough tisse un récit courant sur près d’un demi-siècle. Une saga nourrie de personnages hauts en couleur et de rebondissements : l’un des romans les plus marquants de l’auteure des Oiseaux se cachent pour mourir.

mon avis

Le temps de l'amour est un roman dans la pure tradition du genre "saga familiale". L'histoire se déroule sur les trois dernières décennies du XIXè siècle dans la Nouvelle-Galles du Sud en Australie. Je n'avais encore jamais lu de romans de Colleen McCullough connue pour son célèbre roman Les oiseaux se cachent pour mourir. Elle s'attache dans Le temps de l'amour à raconter la vie de ses personnages sur fond de faits historiques de manière très documentée, ce qui rend le roman particulièrement intéressant en plus d'être divertissant.

L'histoire est celle d'Elizabeth, une jeune écossaise de seize ans vendue par son père à un cousin à elle de quatorze ans son aîné. Résolue à s'occuper de son père pour sa vieillesse, elle voit sa destinée qui la mène bien loin ailleurs, en Australie, un pays si différent du sien auquel elle va devoir s'adapter. Elle prend cet avenir un peu comme une fatalité du fait d'une éducation stricte et religieuse qui l'a naturellement rendue soumise et conciliante. Et c'est un peu un empire qu'elle va y trouver avec une belle maison et un vaste domaine car son mari, Alexander, très ambitieux dans l'âme, a bâti un véritable village avec une exploitation de minerai d'or qui donne du travail à de nombreuses familles, notamment chinoises. Passionné de mécanique, de machines et d'inventions, il a sillonné le monde vers de nouvelles découvertes qu'il sait utiliser pour sa propre expansion. C'est pour cela qu'à trente ans, il souhaite avoir des héritiers ou héritières pour poursuivre tout ce qu'il a construit.

Déjà amoureux de la sulfureuse Ruby, Alexander ne peut l'épouser car elle est la patronne d'une maison close. Il décide donc de s'unir à sa cousine qu'il a connu, la sœur aînée d'Elyzabeth. Mais celle-ci s'étant déjà mariée, le père profite de la générosité d'Alexender pour marier sa plus jeune fille et garder l'argent qui devait servir à financer son voyage et l'achat de tout ce dont elle aurait besoin. Son père ne lui laissera que le strict nécessaire. Même si ce mariage était dans l'optique d'avoir des héritiers et qu'Alexender ne se souvenait que d'une enfant, il découvre une jolie jeune femme et se prend à l'aimer. Il se montre bienveillant et généreux mais pour Elizabeth les choses sont bien différentes. En rien vénale, elle épouse docilement mais à contrecœur un homme bien plus âgé qu'elle alors qu'elle est pour sa part encore bien ingénue. Immédiatement, elle lui trouve une ressemblance avec le diable qui lui vient d'une illustration qui trônait dans la salle de catéchisme dans le but de terroriser les enfants de la paroisse, ce qui a pour effet de la terroriser à l'idée d'épouser Alexander. Même si elle s'habitue à lui au fil du temps, elle n'éprouve pas d'amour à son encontre mais lui donne deux enfants, deux filles : l'aînée, précoce et surdouée qui ressemble physiquement à son père, et la seconde ayant la beauté de sa mère mais qui se retrouve mentalement attardée suite à une naissance difficile qui a privé son cerveau d'oxygène. Assez seule, Elizabeth n'a que l'amitié qu'elle partage contre toute attente avec Ruby. Bien que leur personnalité respective diffère, elles deviennent très proches. Et puis, Elizabeth fera bientôt la connaissance de Lee, le fils de son amie, qui revient après plusieurs années d'études d'Angleterre.
Malgré quelques longueurs, Le temps de l'amour est un bon roman d'évasion et d'aventure sur fond de révolution industrielle, de montée du syndicalisme et du racisme dans un pays en construction. Il est question aussi des premières luttes des femmes pour leurs droits et de l'évolution de la médecine. Riche en rebondissements, l'histoire évolue tout au long de cette saga vers l'espoir et un bonheur nouveau.

 

Les premières impressions pouvaient être trompeuses, songea plus tard Elizabeth en sirotant une tasse de thé. Un malencontreux hasard avait voulu qu'Alexander Kinross fût la réplique exacte d'une représentation du diable que le révérend Murray avait accrochée dans la salle de catéchisme afin de terroriser les enfants de la paroisse. Et il y était parvenu : la bouche mince et légèrement moqueuse, les yeux sombres comme deux puits de ténèbres, les rides et les ombres se mêlant habilement les unes aux autres pour évoquer la malveillance. Tout ce qui manquait à Alexander Kinross, c'étaient les cornes.

Pour découvrir les richesses du monde, il faut prendre le temps d'observer. C'est cela, mon secret. Observer le monde. Ce que ne font pas la plupart des gens. La chance ne nous sourit pas qu'une seule fois, monsieur Maudling. Elle frappe constamment à notre porte.

Sans même m’en rendre compte, j’étais devenue australienne. Mes enfants et mes petits-enfants me manquaient, mais aussi et surtout l’espace. Nous avons tendance à penser que, tout comme Dieu a créé l’homme à son image, c’est le Royaume-Uni qui a créé l’Australie. Mais c’est faux. L’Australie est un pays à part entière.

Publié dans Roman historique

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