Les brumes de Key West, Vanessa Lafaye

Publié le par LadyRomance

Publié le 19 avril 2018 aux Editions Belfond que je remercie infiniment pour ce Service Presse, 408 pages, 21 euros.

Thèmes : Key West (Floride) - 1919 - Ségrégation - Violence -  Contrebande - Prohibition -  Amour...

Puissant dans l'histoire mouvementée du sud des Etats-Unis., Vanessa Lafaye livre, avec finesse et élégance, le récit d'une passion interdite, sur fond de ségrégation, de fanatisme et de violence.

1993. En plein jour, dans une rue bondée de Floride, une femme de quatre-vingt-seize ans abat froidement un membre du Ku Klux Klan.
1919. Bannie par les siens, Alicia Cortez, vingt-deux ans, quitte La Havane pour rejoindre l'Amérique et sa cousine Beatriz, tenancière du Pearl's., l'une des maisons closes les plus fréquentées de Key West.
Avec son charme exotique, la belle Cubaine trouve rapidement sa place dans cet univers sensuel et secret. Aidée de John, vétéran tourmenté et propriétaire du bar voisin, Alicia va jusqu'à organiser la contrebande d'alcool, pour contrer les lois de la prohibition. Et leur amitié laisse bientôt place à une profonde attirance.
Mais la menace du Klan gronde dans l'archipel... Le rapprochement entre une métisse à la réputation sulfureuse et un héros de guerre blanc ne passe pas inaperçu. Et ne saurait être toléré.
Dans les brumes de Key West, un drame se prépare...

mon avis

Les brumes de Key West de Vanessa Lafaye est un très beau roman d'amour à caractère dramatique basé sur une histoire vraie. C'est ce qui le rend particulièrement poignant parce qu'il met en scène des personnages ayant réellement existé dans le sud de l'Amérique du temps des lois ségrégationnistes Jim Crow qui rendaient les relations entre blancs et noirs illégales.
Le roman raconte l'histoire, en 1919, d'Alicia Cortez, une jeune métisse cubaine de 22 ans de mère africaine et de père cubain. Elle quitte la Havane pour s'exiler à Key West, la Floride actuelle, bannie par les siens pour avoir voulu réchapper après trois ans de terreur à un mari ignoble et violent qu'elle n'a pas choisi. Ses parents lui achète sa place auprès de sa cousine Beatriz qui tient un salon de thé. Alicia se rendra compte assez vite qu'il s'agit d'une maison close. Heureusement, son rôle s'en tiendra à l’accueil de clients en salle.
Malgré le choc marqué par un radical changement au niveau de la mentalité et du confort par rapport à son pays d'origine pourtant pas si loin, elle s'adapte et s'intègre grâce à ses qualités de guérisseuse, son tact et son intelligence, puis sa beauté. Et lorsque Beartriz meurt de la grippe espagnole, elle devra prendre sa place et gérer le salon auquel elle apportera beaucoup de fraîcheur. Mais pour cela, elle trouvera de l'aide auprès de John, propriétaire du bar voisin. Une force de la nature, vétéran tourmenté craint et respecté qui revient de France où il était engagé dans la Première Guerre mondiale. Mais si une passion pour un couple mixte est encore tolérée lorsqu'il reste secret, il pose un véritable problème lorsqu'il est découvert par des fanatiques débarquer dans le coin du pays afin d' y enrôler de nouveaux adeptes dans un mouvement pour imposer leurs macabres lois sans autres procès. A bien des égards, le Ku Klux Klan rappelle malheureusement une idéologie destructrice qui agit sous d'autres noms encore de nos jours.
Les brumes de Key West de Vanessa Lafaye est un roman très bien écrit et prenant. Il se lit facilement et vite tellement on veut connaître la suite. L'histoire d'amour est terriblement belle. Tragique, elle est sublimée par des personnages très forts et émouvants. J'ai beaucoup apprécié toutes les nuances et contradictions des uns et le besoin farouche de liberté des autres.
J'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé ce roman et c'est un vrai coup de coeur.  

 

Les brumes de Key West, Vanessa Lafaye

Il comprenait désormais la colère de Pa et sa froideur envers lui car, pour son père, rien ne comptait plus que la pureté du sang. Les Campbell remontaient jusqu'aux robustes colons presbytériens venus d’Écosse. Le sang de Dwayne avait été pollué. Il retira ses mains et les cacha entre ses genoux.

"Ce qu'il faut que tu comprennes fils, si tu dois nous rejoindre, c'est qu'il y a la loi des hommes, la loi écrite, et puis il y a la loi morale, plus noble que tout ce que l'homme peut concevoir."
Sous l'ardent soleil, le visage de Pa se transforme en un masque crayeux. "C'est la loi du Klan, fils, la vraie justice. "

Alicia lui avait dit : "On a toutes une histoire". Et soudain il eut envie de connaître la sienne.

Avec un petit haussement d'épaules triste, elle avait déclaré : "Le seul moyen d'être libre, c'est de cesser de lutter."

Publié dans Roman historique

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