Chère Mrs Bird, AJ Pearce

Publié le par LadyRomance

Publié le 5 avril 2018 aux Editions Belfond, 355 pages, 21 euros.

Thèmes : Angleterre - Seconde Guerre mondiale - Londres - Amitié - Magazine féminin - Courrier - Humour - Amour...

Dans la droite lignée du Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates, un premier roman plein de charme et d’humour british, véritable ode à l’amitié, à la générosité et au courage des femmes pendant la Seconde Guerre mondiale.

Londres, 1941.

À vingt-quatre ans, Emmy n’a qu’un rêve : devenir reporter de guerre. Un rêve qui semble sur le point de se réaliser lorsque la jeune femme décroche un poste au London Evening Chronicles. Enfin, Emmy va pouvoir entrer dans le vif du sujet, partir sur le front, se faire un nom au fil de la plume ! Las, c’est un poste d’assistante à la rédaction du magazine féminin Women’s Day qui lui est offert.

La mission d’Emmy : répondre aux courriers des lectrices adressés à Mrs Bird, la rédactrice en chef du journal. Mais attention, la terrifiante Mrs Bird est très stricte, et seules les demandes les plus vertueuses se verront offrir une réponse expéditive dans le poussiéreux journal. Un cas de conscience pour la jeune journaliste qui refuse de laisser ses concitoyennes en mal d’amour et de soutien amical, errer dans les limbes en raison du diktat imposé par une vieille conservatrice bon teint. Et Emmy a un plan pour outrepasser l’autorité de Mrs Bird…

Alors que la ville sombre peu à peu sous les bombes, Emmy va mettre sa carrière en jeu pour venir en aide aux femmes restées seules à l’arrière. L’heure de la résistance féminine a sonné !

 

mon avis

Chère Mrs Bird est un roman très agréable à lire. Si le début m'a semblé un peu long, je lui ai trouvé beaucoup plus d'intérêt et de rythme par la suite.
Il raconte l'histoire de Miss Emmeline Lake, une jeune femme pétillante de 22 ans dont le rêve est de devenir journaliste ou correspondante de guerre alors que nous sommes en 1941 lors de la Seconde Guerre mondiale. Trop contente pensant avoir trouvé une place pour assister des reporters pour le journal Women's Friend, Emmy s'aperçoit une fois engagée qu'elle sera assistante dactylo. Son rôle : ouvrir le courrier pour la plupart de jeunes filles ou jeunes femmes en détresse avec leur histoire de cœur. Courrier qui finit en grande partie à la poubelle car peu trouve grâce aux yeux de Mrs Bird qui y répond et continue de le faire comme elle le faisait durant la Première Guerre mondiale. Pour elle, les choses n'ont pas évolué et ne doivent surtout pas le faire. Toutes ces femmes se retrouvent donc ne faisant pas parti de sa catégorie des gens fréquentables. Mais Emmy au grand cœur et dans son désir d'aider ne peut rester de marbre devant toutes ces lettres car derrière elles se trouvent souvent des femmes avec beaucoup de tristesse et parfois de vrais gros soucis comme celui d'avoir un bébé dans le ventre sans être mariée. Alors, elle va quand même répondre aux lettres interdites sous la signature de Mrs Bird. Elle cache sa supercherie à tous, même à sa meilleure amie qui est tout à fait contre ce genre d'idée.
Car c'est surtout une jolie histoire d'amitié sur fond de Blitz au cœur de Londres où les femmes font preuve avec les moyens dont elles disposent de générosité et de courage dont il s'agit. Il y a aussi une très belle romance que j'aurais aimé voir plus développée. J'ai été très étonnée que la fin du roman soit aussi abrupte avec une impression d'inachevé. C'est dommage, car le thème central a trop éclipsé la romance alors qu'on aurait pu profité des deux et le roman en aurait été que meilleur à mon avis. Je suis donc restée sur ma faim même si j'ai beaucoup apprécié l’enthousiasme de l'héroïne dans l'effort de guerre en effectuant des permanences chez les pompiers, puis en voulant aider les lectrices du journal déboussolées par la guerre dans les usages qu'elle met à mal. J'ai bien aimé d'ailleurs la description d'une jeunesse qui continue de vivre, à sortir et à s'amuser le samedi soir en défiant Hitler alors que la mort les guette à chaque instant.
En résumé, Les lettres est une comédie très émouvante par moment et au charme certain sans oublier son humour anglais avec une héroïne fort attachante . Elle est d'un naturel sympathique et ses maladresses et son embarras la rendent très touchante, très crédible. C'est une très belle histoire d'amitié dans le Londres du début des années 1940 avec une très jolie romance que j'aurais souhaité voir développé à la fin. 

Les journaux, la radio et même les magazines comme le nôtre regorgeaient d’appels au courage, à l’optimisme, à la force d’âme. Ils parlaient de batailles gagnées, d’avancées de troupes. Ils parlaient de garder le moral, de prendre soin de son foyer, de son apparence en attendant le retour des hommes, car c’était pour cela qu’ils se battaient. Il fallait être pomponnée, bien coiffée et ne pas se laisser aller pour montrer à Hitler qu’il ne réussirait pas à nous abattre. Et, en plus d’assurer sur le front domestique après six mois de bombardements, nous attendions de nos lectrices qu’elles gardent sous la main un joli corsage et le tout nouveau rouge à lèvres pour quand leurs hommes revenaient le temps d’une permission. Combien de fois leur disions-nous bravo ? Combien de fois complimentait-on les femmes pour le travail qu’elles accomplissaient ? Leur expliquait-on qu’elles n’avaient pas à tout porter sur leurs épaules ? Que c’était normal de se sentir un peu découragée ?

Presque aussitôt, on a entendu les avions, la DCA et les premières bombes de la soirée.
Tandis que Mary servait le thé, Thelma a allumé une cigarette et enfoncé son casque sur ses cheveux. J’ai enfilé le mien en resserrant la mentonnière.
- On dirait qu’ils sont tout près.
Joan a esquissé une moue et, en écho aux paroles de Mr Bone, a ajouté :
- La nuit sera longue.
Elle ne s’était pas trompée.
Mon téléphone a été le premier à sonner. J’ai décroché rapidement.

Publié dans Roman historique

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