La péninsule aux 24 saisons, INABA Mayumi

Publié le par LadyRomance

Publié 1er mars 2018 aux Editions Philippe Picquier, 237 pages.

Thèmes : Littérature Japonaise - Nature - Mer - Campagne - Philosophie de vie - Sagesse - Renaissance...

Dans un paysage de mer et de falaises d'une beauté paisible, bien loin de Tôkyô, une femme en désaccord avec le monde entreprend la redécouverte d'elle-même et passe des jours heureux d'une grande douceur.
En compagnie de son chat, elle fera durant douze mois l'apprentissage des vingt-quatre saisons d'une année japonaise. A la manière d'un jardinier observant scrupuleusement son almanach, elle se laisse purifier par le vent, prépare des confitures de fraises des bois, compose des haïkus dans l'attente des lucioles de l'été, sillonne la forêt, attentive aux présences invisibles, et regarde la neige danser.
Dans ce hameau au bord du monde, l'entraide entre voisins prend toute sa valeur, les brassées de pousses de bambou déposées devant sa porte au moment de la récolte, et les visites chaleureuses à l'atelier du miel de son amie Kayoko.
Vingt-quatre saisons, c'est le temps qu'il faut pour une renaissance, pour laisser se déployer un sensuel amour de la vie.

mon avis

La péninsule aux 24 saisons est un roman peu commun, assez particulier. Il ne ressemble pas à ce que l'on trouve habituellement dans les romans. L'action n'est pas vraiment le propos, plutôt la contemplation, les choses simples de la vie dans l'instant présent de la narratrice, son vécu du moment.

Car le roman raconte l'histoire d'une femme qui, se lassant de la vie trépidante à Tokyo, vient passer un an sur la presqu’île de Shima, près de Nagoya au Japon, où elle possède une maison depuis quelques années. L'histoire se déroule selon le rythme du quotidien de cette femme, ce qu'elle fait, ses déplacements, ses réflexions, des images que lui évoquent certaines choses, ses observations, ses souvenirs... Cela crée une sorte de poésie, une sensation de torpeur que vient parfois ébranler certains passages plus évocateurs, plus tourmentés.

J'ai beaucoup apprécié ce récit qui nous amène vers une certaine sérénité, celles des descriptions de ce qui est en train de se vivre à différents niveaux, dans les faits, dans la tête et dans le cœur. Et puis, il y a ce calendrier d'antan qui découpe une année en 24 saisons c'est-à-dire en périodes de quinze jours concernant les changements qui se produisent dans la nature. C'est le calendrier du jardinier, celui du moment où il faut planter, cultiver, cueillir, mettre les fruits et légumes en pots, faire des confitures... Alors, on vous y parlera de mûres, de fraises des bois, des abeilles et leur miel, des marais, de la mer, de la forêt...

Il ne faut rien attendre de spécial de ce roman, rien d'autres que ce qui nous est livré : un moment de vie, jour après jour, durant 24 saisons de quinze jours avec la nature qui change, et les pensées de cette femme, ses sentiments, son imagination. Une vie calme, celle des gestes simples, des tâches à faire actuelles et celles de toujours... Une vie où l'on s'asseoit le soir sur une terrasse pour regarder les étoiles et les lucioles après avoir composé des haïkus...
Car c'est l’histoire d'un moment de vie au rythme des saisons et de la nature... pour se retrouver à un tournant de sa vie, faire le point et prendre un nouveau départ.

 

Comparé au calendrier qui divise les douze mois en trente ou trente et un jours, celui qui répartit les périodes de l'année en vingt-quatre saisons donnait du relief à la monotone répétition quotidienne et me causait une légère excitation. Ces saisons qui arrivaient tous les quinze jours étaient comme des gares où on montait et descendait. Telle petite gare montrait soudain son visage quand on sentait le changement de l'air.

C'était comme si je me trouvais sur une plage privée. La mer, les rochers, le ciel sans nuages, tout le paysage m'appartenait, il était à moi seule. En même temps, ce monde habité seulement par le bruit des vagues, entouré de falaise, me semblait une terre appartenant aux temps anciens.

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