La route qui mène à toi, Jackie Gill

Publié le par LadyRomance

Je remercie Les Editions Terra Nova pour ce Service Presse publié le 5 septembre 2018, 320 pages, 18.50 euros.

Thèmes : Saïgon - Amour - Guerre du Vietnam - Les années 1970 - Politique...

Dans la moiteur de Saïgon, une jeune femme est contrainte de se prostituer pour pouvoir élever son enfant. Fragile et d’une beauté saisissante, Trân déteste ce travail. Jusqu’au jour où elle rencontre un jeune homme et où ces deux êtres blessés par la vie tombent éperdument amoureux.

Mais leur bonheur est éphémère. Au milieu des années 70, Saïgon est envahie par l’armée communiste et Trân doit quitter la ville en proie à la violence. Tandis qu’elle se réfugie à la montagne, l’homme qu’elle aime est emprisonné dans un camp de rééducation politique.

L’espoir de se retrouver leur permet de survivre pendant les années de séparation. Pris dans la tourmente de l’Histoire, ils n’ont qu’une seule force : leur amour. Et cette force est plus grande que la folie des hommes prêts à sacrifier un pays entier pour des idées...

Un grand roman sur les destins bousculés par la folie des hommes.

mon avis

La route qui mène à toi est un roman d'amour sur fond de guerre du Vietnam dans les années 1970 que j'ai trouvé original, prenant et bien mené. C'est une belle découverte pour moi que cette romancière française qui passe une partie de l'année au Vietnam. La seule chose qui m'ait un peu gêné c'est ce style d'écriture aux phrases laconiques, trop simples, par moment qui m'a déstabilisé. Peut-être est-ce dû à la mixité des langues et cultures qui produit un phrasé particulier chez cette autrice ! Par ailleurs, le roman est constitué de deux parties mais ne contient aucun chapitres, uniquement des paragraphes, ce qui est un peu déconcertant au niveau du rythme de lecture. Cependant, le récit est captivant et reste centré sur nos deux héros même lorsqu'ils seront séparés par la guerre.
A Saigon, en 1973, Trân, une très belle jeune femme, veuve, est contrainte de se prostituer pour élever son fils de cinq ans, Lôc. Souhaitant continuer de s'occuper de son enfant, elle pose des exigences, à savoir s'y livrer dans la limite d'un homme par soir durant trois mois, le temps nécessaire pour payer ses dettes. Son premier client, Quôc, et son dernier, est un jeune policier militaire. Alors qu'il était sur le point de se suicider, son état d'esprit et son désir de vivre changent radicalement grâce à cette rencontre. Durant deux ans, ils vont s'aimer éperdument. Seulement, leur liaison doit rester secrète car dans le milieu militaire, elles sont interdites. Considérant Lôc comme son fils, Quôc prévoit alors une reconversion pour les emmener vivre dans la région des montagnes plus tranquille à Dalat, ancien quartier colonial, où il exercera sa passion de garagiste. Mais la guerre les prend par surprise et les sépare. Quôc est emprisonné dans un camp de rééducation politique communiste. Malgré les vicissitudes qu'ils vont connaître chacun de leur côté, ils puiseront leurs ressources dans les souvenirs de leur passion pour tenir dans l'espoir de se retrouver quand le pays retrouvera la paix.
C'est une très belle histoire où se mêle l'amour, l'attachement filial, l'amitié, l'entraide mais aussi la violence et l'horreur. C'est parfois poignant et déchirant, parfois magique et exotique. Les personnages secondaires sont très intéressant aussi, notamment Vinh, un des deux amis de Quôc, un chaman qui apporte un côté spirituel, une sorte de souffle bienvenue à l'histoire. J'ai vraiment beaucoup beaucoup aimé et Jackie Gill est en cours d'écriture de la suite. C'est une histoire qui serait magnifique à voir en images. Une très belle découverte pour moi.

 

Il fut un temps où je voulais mourir, maintenant je crève de l'envie de vivre pour te revoir ma petite Trân. Ma petite Trân. Ma route pour Dalat.

Ils haussèrent les épaules et Vinh pensa que même si on veut les en détourner ou les mettre en garde, il est difficile d'empêcher les gens d'aller à l'encontre de leur destin.

Quôc resta au garde à vous, regardant son chef silencieux qui tapotait son stylo sur le sous-main. Le jeune homme ne put s'empêcher de ressentir une bouffée de haine pour cet homme et pour tous ceux de son espèce, qui avait détourné l'aide américaine à leur profit, amassé des richesses sur le dos du contribuable vietnamien, laissé, par leurs décisions ineptes, le pays s'enfoncer dans le marasme et dont la seule idée à présent était de sauver leur peau sans se préoccuper du désastre qu'ils laissaient derrière eux.

Publié dans Roman historique

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