La Vallée du Lotus rose, Kate McAlistair

Publié le par LadyRomance

Publié le 3 octobre 2018 aux Éditions de l'Archipel, 680 pages, 24 euros.

Thèmes : Aristocratie anglaise - Début XXè siècle - Voyage - Indes - Aventure - Amour...

1918. À 16 ans, Jezebel Tyler, orpheline issue de l'aristocratie anglaise, part aux Indes rejoindre son tuteur, un archéologue de renom. Ce dernier compte la marier au baron von Rosenheim, qui financera en échange ses recherches liées à une cité disparue.

À bord du luxueux paquebot qui la mène à Calcutta, Jezebel se lie avec Olga Obolenski, duchesse russe fantasque, qui lui enseigne les usages du monde, tout en l'encourageant à prendre en main sa destinée. Durant la traversée, elle fait aussi connaissance de Jan Lukas, un aventurier dont le charme la subjugue.

Au Bengale, elle découvre, prise au piège, que son futur époux est un trafiquant d'opium notoire, au caractère tyrannique. Et malgré la délicatesse du prince Charu, qui la courtise, elle ne parvient pas à oublier Jan...

Des jardins de Darjeeling aux mangroves des Sundarbans, ce premier volume de la trilogie du Lotus rose met en scène une héroïne attachante, déterminée à échapper au carcan de son éducation pour vivre sa vie.

mon avis

La Vallée du Lotus rose est un formidable roman d'évasion. Il est certes très long à lire avec ses 680 pages mais il nous fait voyager de l'Angleterre jusqu'en Inde sur un paquebot pour accoster à Calcutta et nous rendre dans différentes parties du pays, des beaux quartiers jusqu'aux palais du Maharajah en passant par des terres plus sauvages.
L'histoire de Jezebel, une orpheline de 17 ans riche héritière étant rentrée dès son plus jeune âge dans une pension avant-gardiste, se voit exiger de son tuteur et parrain, administrateur de ses biens, l'ordre de se rendre en Inde afin d'y épouser un homme influent d'origine suisse et allemande, un baron ayant fait fortune grâce au trafic d'opium. Son tuteur, un éminent archéologue, se consacre corps et âme à la découverte d'une cité perdue que finance le baron. Cependant, celui-ci est un homme tyrannique et sans scrupules pour parvenir à ses fins. Par ailleurs, sur le paquebot Jezebel rencontre un très bel aventurier américain qui la plonge dans les affres de la passion, ce qui l'effraie et qu'elle rejette de par son jeune âge et son immaturité. Mais en Inde, elle rencontrera un prince, fils cadet du Maharajah qui lui fera passer des heures extraordinaires.
C'est un roman plein d'exotisme, dans lequel on découvre l'Inde durant les années 1920 lorsque des conflits commencent à émerger d'un peuple qui ne mange pas à sa faim. Car les paysans ne peuvent plus cultiver les terres qui ne leur appartiennent plus et qui servent à cultiver le pavot pour enrichir d'avantage les plus riches que ce soit les colons, les dirigeants ou la royauté de l'Inde pendant qu'eux meurent  de faim.
L'autrice a su nous décrire le vrai visage de l'Inde de l'époque avec ses différentes facettes, des anecdotes et des légendes, à la rencontre du merveilleux comme de l’inacceptable. A cette image notre héroïne bien jeune et inexpérimentée face à quoi elle se retrouve confrontée, vit des moments de pure exaltation comme d'affreuses situations traumatisantes.
J'ai beaucoup aimé le personnage secondaire très intéressant de la duchesse royale qui lui tiendra compagnie lors de la traversée avec qui elle restera en contact à Calcutta. Il s'agit d'une jeune femme de 28 ans qui a du fuir la Russie à cause du soulèvement contre le Tsar. Elle possède elle aussi une histoire fascinante et adopte une façon de vivre moderne et fantasque relative aux "années folles".
En bref, La Vallée du Lotus rose est un roman d'aventure et d'évasion par excellence qui nous fait passer par toutes sortes d'émotions avec ses drames, ses amours, ses passions, ses espoirs et ses déceptions, allant de moments de rêve à d'autres de cauchemar dans un pays des plus exotiques à un moment de grande agitation. Des jardins de Darjeling aux mangroves des Sundarbans, il est le premier volume d'une trilogie dont l'héroïne courageuse et attachante doit lutter pour choisir sa propre vie.

 

Au milieu du lac de velours, le palais des cerfs était semblable à un diamant. Construit dans une pierre légèrement dorée, il avait une forme carrée même si, au fur et à mesure que l'on s'en approchait, apparaissaient des murs et des alcôves, des arcades et des belvédères. Une trouée dans les nuages l'inonda brusquement de soleil. Il prit dans cette lumière précieuse un relief inattendu qui le fit encore paraître plus extraordinaire.

Pour la première fois de sa vie, elle se sentait libre alors même qu'elle ne décidait de rien.

Elle soupira de bien-être. L'instant était paisible et si naturel. Ils étaient là, ils avaient faim, et le fleuve était incroyablement beau, recouvert à perte de vue de barques ou d'embarcations à plusieurs étages. Des passeurs faisaient traverser de voyageurs. Des pêcheurs lançaient des filets. A leurs pieds, un ghat formé par de grandes marches de pierre dorée descendait jusqu'à l'eau. Des saris multicolores, des chemises et des dhotis s'y pressaient en bousculade de couleurs. L'Inde était définitivement le pays des pigments rouge, jaune, orange ou rose vif.
Tous ces gens pénétraient dans l'eau pour y faire leurs ablutions mais surtout pour y prier. Le fleuve était sacré et purificateur. Il lavait les péchés, les emmenait au loin dans le courant, vers le delta puis vers l'Océan Indien. Des hommes, des femmes entraient dans l'onde couleur de vase jusqu'à la taille, s'accroupissaient pour s'immerger jusqu'à la pointe des cheveux. Plus tard, ces silhouettes mouillées ressortaient en se faufilant entre les bateaux arrimés à la rive, les pagnes ou les saris collant à leur peau.

Publié dans Saga Historique

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