La papeterie Tsubaki, Ogawa Ito

Publié le par LadyRomance

Publié le 23 août 2018 aux Editions Philippe Picquier, 375 pages, 20 euros.

Thèmes : Japon - Kamakura - Papeterie - Ecrivain public - Calligraphie - Lettres - Ecriture - Famille - Amour - Partage...

Hatoko a vingt-cinq ans et la voici de retour à Kamakura, dans la petite papeterie que lui a léguée sa grand-mère. Le moment est venu pour elle de faire ses premiers pas comme écrivain public, car cette grand-mère, une femme exigeante et sévère, lui a enseigné l'art difficile d'écrire pour les autres.
Le choix des mots, mais aussi la calligraphie, le papier, l'encre, l'enveloppe, le timbre, tout est important dans une lettre. Hatoko répond aux souhaits même les plus surprenants de ceux qui viennent la voir : elle calligraphie des cartes de vœux, rédige un mot de condoléances pour le décès d'un singe, des lettres d'adieu aussi bien que d'amour. A toutes les exigences elle se plie avec bonheur, pour résoudre un conflit, apaiser un chagrin.
Et c'est ainsi que, grâce à son talent, la papeterie Tsubaki devient bientôt un lieu de partage avec les autres et le théâtre de réconciliations inattendues.

 

mon avis

J'ai beaucoup aimé La papeterie Tsubaki car il se dégage une certaine sérénité de cette lecture, une sorte de poésie, une atmosphère qui inspire au calme.
Cela raconte l'histoire de Hatoko, une jeune femme de 25 ans qui revient d'un voyage de plusieurs années dans la papeterie familiale où elle a grandi, élevée par sa grand-mère avec qui elle a eu des relations difficiles durant la période de son adolescence. Nous passons une année avec Hatoko avec les traditions japonaises ou familiales de l'été jusqu'au printemps suivant, saison de la nature qui renaît à l'image de la vie de la jeune femme qui va retrouver des couleurs et un avenir plus florissant.
Hatoko tient la papeterie à Kamakura au Japon qui bien qu'elle ne l'affiche pas, des gens du voisinage et des anciens clients ont recours à ses services d'écrivain public. Elle nous plonge dans cette activité de la calligraphie qu'elle a durement apprise auprès de sa grand-mère en nous décrivant des usages selon les types de messages à écrire, l'utilisation du papier, l'instrument graphique et l'encre qui correspondent le mieux aux intentions à exprimer. C'est la rencontre avec tout l'univers de l'écriture selon les conventions, le destinataire et le message pour mettre en forme avec son support et en mots le contenu du courrier pour qu'il exprime au plus près les intentions de l'expéditeur.

Hatoko va ainsi écrire toutes sortes de lettres et cartes qui demandent plus ou moins d'expérience et de capacités, une activité qu'elle exerce finalement comme un art, ce qui va la faire grandir par la même occasion.
J'ai beaucoup aimé tous ces personnages qui viennent solliciter ses compétences, le rituel qu'elle installe auprès de chaque client autour d'un thé qui devient un ami par la proximité, la discrétion et la confiance que cela suppose car ces personnes lui livrent une part de leur intimité. De plus, Hatoko a une  voisine très agréable, une vieille dame très dynamique et perspicace, d'une âme très jeune qui vient égayer ses journée et l'aide à retrouver ses marques dans cette très jolie ville du bord de mer qui attire les touristes car elle se trouve à une heure de Tokyo. J'ai beaucoup apprécié les descriptions et les anecdotes qui permettent de découvrir Kamakura et donnent vraiment envie d'y séjourner. Une carte illustrée de la ville nous est présentée au début du roman pour mieux nous la représenter.
Vraiment ce fut une très belle découverte pour moi, un régal de lecture !

 

Une belle écriture ne tient pas à une graphie régulière, mais à la chaleur, la lumière, la quiétude ou la sérénité qui en émanent. J'aimais ces écritures-là.

La plupart des gens trouvent belle une graphie qu'on croirait imprimée. Mais l'écriture manuscrite, celle de la main d'un être vivant, possède un supplément d'âme qui ne se résume pas à la simple beauté formelle.
Elle prend de l'âge avec son propriétaire. Elle vieillit. Le même mot calligraphié par la même personne sera différent selon qu'il a été écrit à l'école ou au lycée, à vingt ans ou à quarante. C'est encore plus vrai à soixante-dix ou quatre-vingts ans. Une adolescente à l'écriture toute ronde, lorsqu'elle sera devenue une vieille dame, n'aura plus la même plume, c'est normal. L'écriture change avec l'âge.
La beauté naturelle, intacte, porte en elle le charme de la vieillesse.

Publié dans Roman Contemporain

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