Crimes et fantômes de Noël

Publié le par LadyRomance

Publié le 28 novembre 2018 aux Éditions de l'Archipel, 296 pages, 18 euros.

Thèmes : Nouvelles - Noël - Fantômes - Conte - Fantastique - Horreur - Assassin - Recueil - Classique...

Convier spectres et assassins au traditionnel festin de Noël ? Se réunir autour du pied du sapin pour entendre une histoire à dresser les cheveux sur la tête ? Pourquoi donc mêler, à ces moments de bonheur familial, tant de récits effrayants ?
C’est un fait, depuis Charles Dickens, le conte horrifique de Noël est devenu presque aussi rituel que la bûche et les cadeaux. Il traduit la noirceur des nuits les plus longues de l’année, traversées de vents hurleurs que les ombres projetées par les flammes dans l’âtre rendent plus inquiétantes encore... Il est si bon de se faire peur, au coin d’un feu de bois !
Composée par Jean-Pierre Croquet, romancier et spécialiste de littérature fantastique, cette anthologie rassemble douze histoires angoissantes signées Charles Dickens, Arthur Conan Doyle, Erckmann-Chatrian, Robert Louis Stevenson, Sheridan Le Fanu, Gaston Leroux ou Thomas Hardy. D’autres nouvelles criminelles, issues de la plume de Saki, W.W. Jacobs ou Edith Nesbit, constituent d’agréables découvertes.

 

mon avis

Crimes et fantômes de Noël est un recueil de nouvelles angoissantes présenté par Jean-Pierre Croquet. Sa préface est très intéressante car elle développe les origines des histoires pour se faire peur durant la période de Noël. Ce recueil est composé de 12 nouvelles d'auteurs différents et de diverses origines du XIXe siècle jusqu'au début XXe.
A la fin, on trouve une petite biographie de chacun d'eux pour les situer dans leur vie et leur œuvre, ce qui permet de découvrir d'autres ouvrages selon les goûts suscités par la lecture de ces quelques nouvelles.
Parmi elles, La montre du Doyen de Erckmann - Chatrian (1860) est terriblement efficace. On tremble pour son héros dans la situation qu'il vit si horriblement insolite et injuste. Dans Jerry Bundler de William Wymark Jacobs (1897), la plaisanterie se transforme en glaçant cauchemar. Les loups de Cernogradz de Saki (1919) est court mais efficace. J'ai adoré son ambiance et la forme que prennent ses révélations. Le Noël du petit Vincent-Vincent de Gaston Leroux (1924) est une terrible histoire tragique et poignante. J'ai beaucoup aimé Le Tarnhelm de Hugh Walpole (1928) pour son atmosphère dans un vieux château du Cumberland avec un jeune personnage principal qui se rappellera toute sa vie de son effroyable séjour auprès de ses vieux oncles.
Voici donc les nouvelles qui m'ont le plus marquée dans ce recueil qui se termine avec l'excellente Figures de cires de Ethel Lina White (1930) dont la tension palpable s'intensifie admirablement au fil des pages.
C'est un recueil que je relirais avec grand plaisir durant les veilles de Noël
.

Cependant, pour passer de la tradition orale à l'expression écrite, il faudra attendre Charles Dickens, et ce pour deux raisons. Il fallait d'abord, et ce fut l'un des combats du grand écrivain victorien, restaurer la fête de Noël "mise sous l'éteignoir par des siècle de puritanisme". Ce mouvement religieux - issu du calvinisme dont procède l’Église presbytérienne - entendait en effet purifier l’Église d'Angleterre du catholicisme en bannissant, dès 1644, la fête de la Nativité du calendrier liturgique. Au travers des magazines qu'il dirigeait, Dickens milita pour réhabiliter la célébration de Noël. En hissant le 25 décembre au rang du "meilleur des bons jours de l'année", il fit de cette fête celle de la famille, de la réconciliation et des bons sentiments.

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A-Little-Bit-Dramatic 12/02/2019 19:23

Une bien bonne lecture de Noël en ce qui me concerne, même si elle sort un peu de l'ordinaire. Au final, en lisant ce livre je me suis aperçue que se faire peur à Noël était beaucoup plus fréquent que je ne le pensais ! Si aujourd'hui Halloween s'y prête particulièrement bien, en fait, Noël est aussi une faite aux origines païennes et qui se prête à ce genre de récits un peu inquiétants.
La nouvelle la plus glaçante pour moi, dans ce recueil c'est L'Ombre de Edith Nesbit. J'ai vraiment senti mon coeur se serrer d'appréhension en la lisant et, en même temps, j'aurais presque aimé qu'elle soit plus longue ! ! ;) Celle de Walpole n'est pas mal non plus et, mon dieu, qu'est-ce que ce féroce chien jaune a pu me faire sursauter dès qu'il apparaissait ! !
La plus poignante est peut-être celle de Gaston Leroux effectivement : je ne m'attendais pas à ça et je l'ai trouvée très triste. C'est la plus pragmatique aussi, celle qui est moins marquée par les légendes et le surnaturel mais qui ne m'en a pas moins plu.
Quant à Figures de Cire, que tu cites aussi dans ta chronique, c'est vrai qu'elle est pleine de tension et savamment maîtrisée, avec ça ! :) Finalement, c'est une bonne expérience, une lecture sympa entre des livres peut-être un peu plus traditionnels pour cette période de l'année.

LadyRomance 13/02/2019 07:53

Je n'avais jamais songé à "se faire peur" au moment de Noël auparavant. Mais c'est vrai que cela peut très bien devenir une tradition avec ce genre de nouvelles ou des contes aussi comme on devait le faire autrefois. Merci pour ton avis Précieuse

Suzy Bess 03/01/2019 17:46

Voilà un ouvrage auquel je jetterai un coup d'oeil avec plaisir, je le note.