La vallée des oranges, Béatrice Courtot

Publié le par LadyRomance

Publié le 10 avril 2018 aux Éditions Charleston, 231 pages, 18 euros.

Thèmes : Secrets de famille - Majorque - Guerre civile espagnole - Résistance - Pâtisserie - Romance...

Marseille, 2016
En démontant le faux plafond d’un hôtel en travaux, un ouvrier tombe sur une boîte en fer rouillée contenant les souvenirs d’une vieille dame, Magdalena. Mais que se cache-t-il derrière cette photo de mariage ?
Son arrière-petite-fille, tenancière du Café de l’Ensaïmada, une institution culinaire à Paris, décide alors de partir à la recherche de ses origines majorquines qu’elle ignorait jusqu’alors. Elle quitte son quotidien épuisant pour la douceur et le farniente méditerranéens. Dès son arrivée sur l’île, Anaïs va réveiller des secrets de famille cachés depuis des générations. Mais la tâche ne s’avère pas si facile. Miquel, le nouveau propriétaire de l’orangeraie qui appartenait à son aïeule, ne se montre pas du tout coopérant.
Majorque, 1935
Magdalena, jeune pâtissière, confectionne chaque jour des ensaïmadas, ces brioches majorquines entortillées et saupoudrées de sucre glace. Très vite, la guerre civile espagnole frappe aux portes de son village qui devient le théâtre d’affrontements sanglants et de drames familiaux. Au péril de sa vie, Magdalena s’engage alors dans la résistance, avant de devoir s’enfuir vers la France.
Entre Majorque et Marseille, deux destins de femmes bousculées par la Guerre d’Espagne et un secret de famille, mais unies par une même passion : la pâtisserie.

mon avis

J'ai eu quelques difficultés à me sentir complètement emportée par ce roman intitulé La vallée des oranges. Pourtant cette histoire de secrets de famille est très intéressante et m'a permis de connaître la période de Guerre Civile espagnole qui eut lieu en 1936 sur l'île de Majorque.
C'est bien écrit et j'ai beaucoup aimé les descriptions de l'île et du village pittoresque de Soller, les traditions culinaires locales avec de nombreuses recettes et l'univers de l'orange aussi. C'est un peu comme un petit coin de paradis entre passé et présent dans lequel on se sent bien et qui nous fait véritablement voyager au niveau sensoriel.
Cela raconte l'histoire à notre époque d'Anaïs, une jeune femme qui tient une pâtisserie à Paris dont la spécialité est l'ensaïmada, un gâteau, une spécialité majorquine qui a traversé les âges. Lorsqu'une vieille boîte de son arrière grand-mère est retrouvée sur le chantier d'un hôtel à Marseille, Anaïs part à la recherche de ses origines. Le problème, c'est qu'il semble ne pas y avoir de liens profonds entre les secrets à découvrir et le véritable besoin que l'héroïne aurait de vouloir les révéler au jour. Du coup, l'impact du thème du secret familial paraît assez fictif.
La romance est agréable mais je ne me suis pas sentie assez proche des personnages car j'avais l'impression de manquer d'informations à leur sujet, de ne pas en percevoir toute la dimension. J'ai régulièrement décroché ne parvenant pas à garder mon attention sur le récit.
Tout ceci doit probablement s'expliquer du fait qu'il s'agit du premier roman de Béatrice Courtot qui a remporté et mérité toutefois pour les qualités dont son roman fait preuve par ailleurs le Prix du Livre Romantique 2018 organisé par les Éditions Charleston. Car l'écriture est très belle, l'univers est plein de délicatesse et le propos pertinent, ce qui présage à mon avis d'un talent certain et d'un gros potentiel pour de futurs romans plus développés et plus approfondis.

Quel parfum ! Quel parfum ! » Ces seuls mots me rendaient rouge de plaisir ou peut-être de fierté. Je savais que c’était la fleur d’oranger qui me valait ce compliment. Les oranges, que mon père cultivait de génération en génération, étaient indispensables pour réaliser ma passion. À vrai dire, elles étaient mes fidèles complices chaque jour. Cette fameuse ensaïmada que mes clients savouraient si avidement était délicieusement enroulée comme un ruban d’une couleur dorée à faire pâlir le soleil, à peine embrumée d’un léger voile de sucre glace.

Anaïs se rappela soudainement le tableau Guernica de Picasso qu’elle avait vu lors d’un week-end à Madrid organisé par le lycée. La sensation de mal-être qu’elle avait éprouvée à la vue des femmes désarticulées qui pleuraient et hurlaient lui revint à l’esprit. Sans qu’elle en ait eu alors conscience, cette toile qui dénonçait le bombardement de la ville de Guernica pendant la guerre espagnole faisait écho à sa propre histoire familiale.

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article