Le ciel de Darjeeling, Nicole Vosseler

Publié le par LadyRomance

Publié le 6 février 2019 aux Editions de l'Archipel, 427 pages, 23 euros.
Thèmes : Indes - Fin XIXe siècle - Voyage Initiatique - Amour - Aventure - Sensualité - Secret...
Tous les rêves mènent en Inde. Tous les mirages aussi...
Cornouailles, 1876. Après la mort de son père, Helena, 16 ans, se retrouve dans la misère. Un jour, un inconnu lui fait une offre. Aussi riche que séduisant, Ian Neville lui propose de l’épouser et d’assurer l’éducation de son jeune frère. Mais il y met une condition : qu’elle accepte de le suivre en Inde, où il gère une vaste plantation de thé au pied de l’Himalaya.
En se donnant à son mystérieux bienfaiteur, la jeune femme a conscience de faire un saut dans l’inconnu. Mais l’espoir de ne manquer de rien, le cadre de vie somptueux de Darjeeling et le charme de son époux ont raison de ses réticences.
Jusqu’au jour où, Ian étant en voyage, Helena reçoit la visite d’un homme qu’elle avait rencontré lors d’un bal en Angleterre. Leurs retrouvailles éveillent en elle des questions sur le passé de Ian, dont celui-ci n’a jamais rien voulu lui dire. Pourquoi ignore-t-elle tout de son ascendance ? Cessera-t-il un jour d’être un étranger à ses yeux ?
Un voyage initiatique et sensuel aux confins de l’Inde millénaire.
mon avis

Le ciel de Darjeeling est un beau roman d'évasion et d'aventure particulièrement magnifique pour ses descriptions de l'Inde de la fin du XIXème siècle et la sensualité qui en émane.
Cela raconte l'histoire de Helena, seize ans, orpheline de mère depuis l'âge de cinq ans, qui se retrouve ruinée avec son frère de onze ans à la mort de leur père. Elle est contrainte de se marier avec un bienfaiteur, Ian Neville, un bel homme riche et ombrageux qui cache les secrets de son passé. Helena quitte alors les Cornouailles à la fin de l'année 1876 pour les Indes afin de s'occuper avec son mari de fraiche date de leur plantation de thé. Son frère croyant sa sœur heureuse de s'être mariée, est ravi de ce départ et des études qu'il entreprendra là-bas. Quelques mois plus tard, à la fin de la saison des récoltes, Helena reçoit la visite de Richard Carter tombé follement amoureux d'elle lors d'un bal la veille du départ précipité de celle-ci et son mari de l'Angleterre.
Le ciel de Darjeeling est une immersion dans l'Inde des Maharajas imprégnée de mythes et de légendes, de rituels et de traditions. Le roman évoque également le monde fascinant d'une plantation et de la cueillette du thé qui s'y déroule chaque saison. Il décrit aussi la période de rébellion, celle de l’Insurrection des cipayes contre les anglais en 1853, la première guerre d'indépendance indienne. L'autrice nous plonge dans un monde à la fois merveilleux de par ses riches décors de palais et de maison coloniale au milieu d'une nature luxuriante, de récits ancestraux tels
des contes mais aussi un monde chargé de violence, d'émeutes et de massacres. Des destins tourmentés par la perte de proches, des souvenirs  nostalgiques d'un passé révolu et la folie meurtrière de la vengeance...
Cependant, mais c'est un avis très personnel qui ne concernera peut-être que moi, j'ai rencontré un problème au niveau de la structure du roman car si j'en garde un sentiment d'ensemble agréable en fonction de l'histoire générale, lors de sa lecture même ce fut un peut gâché pour moi. En effet, le récit est divisé en trois partie très inégales. La première est consacrée aux motifs du départ et à l'installation en Indes jusqu'à la saison de la cueillette du thé, se terminant avec l'arrivée de Richard Carter. Il y a peu d'action car on se trouve plutôt dans la description me demandant au fil des pages arrivée à plus de la moitié du roman où l'autrice voulait bien nous amener car j'avais l'impression qu'il ne se passait pas grand chose. Et puis, je me suis sentie déstabilisée à la seconde partie qui raconte des événements qui se sont produits plus de trente ans auparavant durant lesquels nous abandonnons tous nos personnages pour avoir affaire à d'autres. C'est la première fois que je lis un roman dans lequel l'héroïne disparaît durant 140 pages avec des personnages inconnus même si le lien se retrouve vers la fin de cette partie. Et puis, la troisième et
dernière partie est très rapide. Elle se déroule en une petite trentaine de pages seulement pour un dénouement que j'ai trouvé un peu facile et pas à la hauteur des événements marquants précédents. Alors, comme je le disais plus haut, dans l'ensemble, une fois le roman terminé, le souvenir de l'histoire m'a provoqué plus d'effet qu'au moment de sa lecture qui m'a semblé longue à cause de sa structure, je pense. Il aurait été plus appréciable me concernant qu'il y ait une alternance entre les éléments de la première partie plus descriptive et la seconde plus dans l'action pour former un équilibre et un rythme qui me permettent de garder un intérêt constant pour la totalité du récit.
En résumé, la structure du roman ne m'a pas convaincu. Personnellement, j'aurais trouvé plus appréciable une alternance des époques pour maintenir l'intérêt et le suspense avec un récit plus rythmé entre les descriptions et l'action. Toutefois, le grand atout de ce roman est la plume de qualité de Nicole Vosseler pour nous raconter cette merveilleuse histoire de l'Inde coloniale du XIXème siècle somptueusement décrite et restituée . Le roman est d'une beauté sensuelle remarquable. J'ai eu une impression de contes des mille et une nuit pour ce voyage initiatique dans lequel le merveilleux, le divin même, vient se heurter à la dureté de l'Histoire Coloniale d'une Inde d'un autre temps entre rêve fabuleux et âpre réalité.  

 

- Chryso, mon enfant d'or, tu es née princesse, l'entendit chuchoté Celia tandis que le visage ridé de la femme se déplissait. Le destin t'emmènera au loin. Deux hommes - deux ennemis - se disputeront pour toi et tu découvriras le secret qui unit leurs destinées. L'un d'eux fera ton bonheur. Mais ne te laisse pas abuser par le premier regard. Les choses, souvent, ne sont pas telles qu'elles apparaissent d'abord ou telles que tu voudras les voir...

- Celle-là, là-bas, c'est le Kangchenjunga, dit-il montrant le plus haut sommet de la longue chaîne. Dans la langue du peuple tibétain, ce nom signifie : "les cinq joyaux de la neige éternelle". A en croire la tradition, le dieu tibétain de la richesse y détient ses trésors : l'or, l'argent, le cuivre, le blé et les écrits sacrés. Les Hindoux croient qu'il est le mont Kailash, la montagne d'argent sur laquelle vit Shiva. Tous les dieux et les démons résident dans cette montagne. Aussi les hommes la considèrent-ils comme sacrée. Il est dit que les péchés des hommes disparaissent à la vue de l'Himalaya de la même manière que la rosée s'évapore avant le lever du soleil.

On dit que l'histoire du thé remonte à quatre mille cinq cents ans, quand le dernier dieu-empereur, Shennong, à qui l'humanité doit l'agriculture et la médecine, ordonna à ses sujets de boire l'eau bouillie. Un jour de canicule, à l'ombre d'un arbuste, il faisait bouillir de l'eau pour se désaltérer. Une légère brise fit tomber trois feuilles de l'arbuste dans l'eau qu'elles colorèrent légèrement. L'empereur attendit quelques instants avant de goûter le breuvage qu'il trouva délicieux, rafraîchissant et revigorant. Ainsi, selon la légende, serait né le thé.

Publié dans Roman historique

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A-Little-Bit-Dramatic 12/02/2019 19:14

Je suis en train de le lire en ce moment même et en ce qui me concerne je suis totalement séduite... Pour l'instant. ^^ Il est vrai que je n'ai lu qu'une petite centaine de pages (allez, peut-être un peu plus mais pas tant que ça) mais en général, c'est suffisant pour moi pour me faire un avis. J'ai hâte de découvrir ce qui va arriver à Helena en Inde mais je suis déjà dépaysée et c'est le plus important. En un mot, je suis agréablement surprise... ;)

Suzy Bess 04/02/2019 21:07

Merci pour cet avis ! Il me tarde de découvrir ce roman, bien que j'appréhende un peu cette structure particulière... mais me voilà au moins prévenue désormais.

LadyRomance 05/02/2019 10:34

Tu sais Suzy, je crois que ce ressenti sur la structure m'est personnel. Elle peut correspondre et ne poser aucun soucis à d'autres, j'en suis persuadée. Il se trouve que je suis très sensible au rythme dans les romans que je lis. Je t'en souhaite une très belle lecture en tout cas ! Bisou