La renaissance de Pemberley, Lise Antunes Simoes

Publié le par LadyRomance

Publié le 4 janvier 2019 (autoédition), 401 pages, 14.99 euros.

Thèmes : Adaptation - Orgueil et préjugés - Elizabeth Bennet - Maîtresse de Pemberley - Médisance - Isolement...

Alors qu’Elizabeth Bennet s’imaginait vieille fille, la voilà contre toute attente mariée à l’un des plus beaux partis du Derbyshire. Désormais, elle doit faire face à un défi de taille : assumer son rôle à Pemberley, l’immense et prestigieux domaine familial, où tout le monde exige qu’elle conduise sa maisonnée de main de maître. Elle n’a pas le droit à l’erreur, certains s’en réjouiraient beaucoup trop.

Darcy est là, bien sûr, prêt à l’épauler, mais il ne peut pas la protéger de tout. Des mauvaises langues qui persiflent sur son passage. De l’isolement dans un pays où elle se sent étrangère. Des responsabilités, parfois lourdes, qu’elle doit apprendre à honorer. Du fantôme de Lady Anne, la mère de Darcy, à qui on la compare sans cesse.

Heureusement, Elizabeth ne manque ni de volonté ni de courage. Un jour, elle en est sûre, elle triomphera des esprits les plus mesquins et prouvera à tous qu’elle est bien digne d’être la nouvelle maîtresse de Pemberley.

 

mon avis

La renaissance de Pemberley est la sequel de Orgueil et Préjugés de Jane Austen. En effet, l'histoire débute là où ce dernier se termine. Nous sommes ainsi à deux semaines du mariage d'Elizabeth et de Mr Darcy qui a lieu en même temps que celui de Jane et Mr Bingley. L'autrice s'attache à nous raconter tout se qui se passe autour des préparatifs de cet événement de taille et de l'état d'esprit en effervescence des deux sœurs aînées Bennet. Puis, c'est le départ de Lizzie pour deux semaines de lune de miel dans la maison de Darcy à Londres. Elle commence à y côtoyer le "beau monde", ainsi que les amis de Darcy parmi lesquels elle va devoir se faire reconnaître comme épouse légitime à part entière de Darcy du fait qu'elle sort ainsi de sa condition première beaucoup moins privilégiée.
Puis, ce sera le grand départ pour Pemberley où Lizzie devra trouver sa place et faire ses preuves auprès d'un voisinage à l’œil critique voyant arriver sur ces terres de prestige une jeune femme venue d'ailleurs sans fortune ni renommée ayant eu l'audace de ravir le plus beau parti du comté en la personne de Darcy laissant les jeunes filles à marier et leurs mères dans une amère jalousie.
Le propos de l'histoire ne se trouve pas dans une intrigue basée sur la surprise d'événements majeurs avec des rebondissements et quiproquos, ni un humour caustique à la Jane Austen. Lise Antunes Simoes s'est davantage consacrée à relater la vie quotidienne et domestique des deux jeunes époux dans leur adaptation l'un à l'autre en fonction de leurs caractères distincts mais complémentaires, puis à s'intéresser à la gestion du vaste et magnifique domaine de Pemberley. Un défis de taille pour Lizzie qui doit succéder à la défunte mère de Darcy ayant illuminer les lieux en son temps. Mais de ce côté là, Elizabeth va s'avérer pleine de ressources. Son caractère affirmé, jovial et dynamique va l'aider considérablement à suivre sa propre voie tout en trouvant une continuité dans l'héritage que lui a laissé sa mère par alliance qu'elle aurait tant souhaité connaître. C'est ainsi qu’Élizabeth redonne vie à Pemberley restée pendant plusieurs années endormie. J'ai d'ailleurs énormément aimé l'éveil en parallèle du personnage de la jeune Georgiana, la sœur de Darcy, qui prend une dimension nouvelle tout comme le personnage inattendu de Kitty dont le caractère vient apporter de la confiance et de la fantaisie  à celui de Georgiana et à contrario celui de cette dernière qui vient discipliner et adoucir celui de Kitty.
Il est évident que l'autrice a fourni un travail remarquable au niveau des us et coutumes de l'époque et du respect fort appréciable de l’œuvre originale de Jane Austen, ainsi que de la psychologie fidèle aux personnages issus de Orgueil et préjugés auxquels elle a su donné une évolution aussi crédible tout en gardant sa propre originalité.
Un bonheur pour les admiratrices de Jane Austen que nous sommes de pouvoir ainsi baigner à nouveau avec ce roman dans son univers. Je préfère vous prévenir qu'une suite n'est pas prévue par l'autrice malheureusement car cela aurait été une grande joie de poursuivre les aventures de tous ces personnages inoubliables.

Sous ses yeux s’étendait une large vallée, prise entre deux rangées de montagnes boisées. Une rivière coulait au fond, avec de chaque côté un terrain vallonné qui formait une multitude de petites collines serrées les unes aux autres, aussi rondes que des dos de moutons. En dépit du temps brumeux, des branches décharnées et des couleurs fanées, Elizabeth trouva le paysage merveilleux. Partout, les bosquets, les prairies, les arbres et les buissons étaient disposés avec une telle harmonie de proportions qu’on aurait dit qu’un peintre avait été engagé pour dessiner à cet endroit la campagne anglaise idéale. Il n’avait oublié ni les brebis, dispersées çà et là, ni la harde de cerfs au loin. Même la rivière, qui avait pris aujourd’hui une teinte gris fer, reflétait assez la lumière du ciel pour donner de l’éclat à la scène.
De l’autre côté de la vallée, sur le flanc du mont le plus haut, apparut l’âme des lieux : l’élégante façade de Pemberley House.

Elle visualisa sans peine le visage de la belle Anne, qu’elle avait si souvent admiré dans la galerie de portraits. Elle songea aussi à son nom, écrit sur la tombe de pierre polie près de la petite chapelle. Auparavant, lorsque la jeune femme avait tenté d’imaginer à quoi pouvait bien ressembler sa belle-mère, tant physiquement qu’au point de vue du caractère, elle s’était imaginée une seconde Lady Catherine, impérieuse et autoritaire. Mais le personnage qui se dessinait à présent était tout autre. Pouvait-on être une femme si vénérable et pourtant tacher ses gants comme une demoiselle maladroite ? Renverser du sable dans le casier où il était rangé plutôt que sur la lettre fraîchement encrée à laquelle il était destiné ? Égarer sa boîte de parfum sous une pile de papiers ? Ou collectionner les jolis cristaux et les fleurs séchées ?

Publié dans Jane Austen

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Commenter cet article

Satine 25/03/2019 14:06

Ohhhh ! Je me le note celui ci :P