La Prisonnière du temps, Kate Morton

Publié le par LadyRomance

Publié le 4 avril 2019 aux Editions Presses de la cité, 619 pages, 22.50 euros.

Thèmes : Londres - Manoir - Peintre - XIXème siècle - Passion - Meurtre - Vol - 2017 - Archiviste - Secrets de famille...

À l'été 1862, un groupe de jeunes peintres proches des préraphaélites, menés par le talentueux Edward Radcliffe, s'installe au Birchwood Manor, sur les rives de la Tamise. Là, inspiré par sa muse, la sulfureuse Lily, Edward peint des toiles qui marqueront l'histoire de l'art. Mais à la fin de son séjour, une femme a été tuée, une autre a disparu, un inestimable diamant a été dérobé, et la vie d'Edward Radcliffe est en miettes.

2017, Elodie Winslow, jeune archiviste londonienne fiancée à un golden-boy ennuyeux, découvre dans une vieille sacoche deux objets sans lien apparent : le portrait sépia d'une femme à la beauté saisissante, en tenue victorienne, et un cahier de croquis contenant le dessin d'une demeure au bord de l'eau. Pourquoi cet endroit lui semble-t-il si familier ? Et si, l'enquête d'Elodie l'aidait à percer le mystère de ses origines ?

mon avis

La prisonnière du temps - j'adore ce titre - est un roman que j'ai pris énormément de plaisir à lire. C'est du "grand Kate Morton" relatif à son goût pour les vieilles demeures, celles qui ont une âme, qui ont du vécu au fil des siècles. C'est un de ses romans dans lequel elle exprime ses talents de conteuse à merveille.

Elle nous raconte l'histoire de nombreux personnages qui ont tous un rapport de près ou de loin avec Birchwood Manor, une vieille demeure de plusieurs siècles qui tient un rôle primordial pour ne pas dire principal. Il se trouve que la manoir est hanté par Birdie, un fantôme fort attachant, depuis bien longtemps, l'époque de Dickens. Et Birdie en a vu passer du monde dans la maison qui fut tour à tour un pensionnat de jeunes filles en 1899, une maison qui a accueilli une famille fuyant Londres lors de la Seconde Guerre mondiale. Elle fut ensuite une résidence pour artistes et enfin un musée, celui d'un peintre victorien prometteur, Edward Radcliffe, appartenant au mouvement de la Fraternité Magenta dont la carrière fut stoppée par un drame au cours de l'année 1862 mettant en cause Birdie, accusée de meurtre et du vol d'un joyau.

A notre époque, c'est l'histoire d'Elodie, archiviste, sur le point de se marier alors qu'elle a vécu toute sa vie dans l'ombre de sa mère, une femme exceptionnelle, une célèbre et très belle violoniste morte 25 ans auparavant dans un accident de voiture. C'est son grand-oncle qu'elle côtoie encore aujourd'hui qui vécut petit garçon avec sa famille dans le manoir durant la guerre et qui semble ne pas tout lui dire au sujet de sa mère et du manoir. Car Elodie trouve dans les locaux où elle travaille au milieu d'un matériel à archiver oublié, une boîte qui renferme une sacoche et qu'elle s'apprête à ouvrir un siècle après. C'est cette enquête en rapport avec le peintre qui va la mener à Birchwood Manor. Et c'est aussi cette quête qui va lui permettre de découvrir des secrets concernant sa famille.

C'est très dense. Tout est mêlé et entremêlé. Parfois, on s'emmêle les pinceaux d'ailleurs. Mais justement, c'est l'histoire qui veut ça car elle concerne le temps. Et parfois, on s'y perd mais on retrouve vite le fil et c'est jouissif car c'est comme un jeu de pistes. Tout ce qui est écrit sert de loin ou de près à comprendre quelque chose concernant l'un ou l'autre personnage de l'histoire. On est un peu perdu dans le temps mais tout vient s'éclairer à un moment ou un autre. Le récit est donc très énigmatique et mystérieux.

On assiste à une enquête pour savoir à qui appartiennent les documents trouvés dans la sacoche, au moyen de photographie, de dessin, de contes etc... Puis l'autrice nous plonge dans différentes histoires de personnes qui sont venues vivre à un moment donné à Birchwood Manor. Il y a une ambiance particulière, une atmosphère envoûtante autour du manoir. Parfois cela m'a fait rêver, à d'autres moments m'a inquiété, m'a attristé ou encore m'a ému et m'a beaucoup touché.

J'aurais voulu que l'histoire ne s'arrête pas. Kate Morton nous balade dans un univers si particulier, si symbolique, qu'on se sent enveloppé et entraîné dans son histoire aux airs de contes...
C'est plus qu'un roman, c'est une expérience... à découvrir, à vivre !
Voilà comment je l'ai ressenti !
 

Birchwood était un de ces lieux où les fils du temps se relâchent et se dénouent.

L'enfance est le plus cruel des moments d la vie. Une période où tout est extrême : le matin on vogue sans un souci au cœur entre les étoiles pour plonger le soir dans les noires forêts du désespoir.

Par quel orgueil imbécile l'humanité pouvait-elle décider de se priver le la moitié de son intelligence en déniant aux femmes la possibilité de se servir de leur tête et de leur langue ?

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Commenter cet article

A-Little-Bit-Dramatic 11/04/2019 11:56

Voilà un livre qui ne va pas tarder à arriver dans ma PAL ! ;) Elle est énorme mais un Kate Morton y aura toujours sa place. Un peu après tout le monde, j'ai lu L'Enfant du Lac au mois de novembre et j'en suis ressortie totalement enchantée, il va donc falloir que je lise celui-ci et vite.

LadyRomance 11/04/2019 13:40

Oh oui, si tu as aimé L’enfant du lac, celui-ci devrait te plaire aussi. Car bien que je n’ai lu que 100 pages pour l’instant sur plus de 600, La Prisonnière du temps se passe dans une ambiance tout aussi envoûtante, sinon plus. Contente de ton commentaire par ici Précieuse ! Merci À+