Ma vie en plus sexy, Chiara Moscardelli

Publié le par LadyRomance

Publié le 16 mai 2019 aux Editions Belfond (Le Cercle), 267 pages.

Thèmes : Italie- Années 1990 - Jeunesse - Remise en question - Quête de soi - Amitiés - Humour - Road Trips - Amour...

Encore une comédie pétillante par la plus déjantée des Italiennes ! Jeux de la chaise musicale et de la bouteille, premières boums, road trips à travers l'Europe... Chronique sans filtre d'une jeunesse dans les années 1990.

Longtemps, Chiara n'avait qu'un rêve : être une gatta morta, une séduisante mante religieuse déployant ruses et minauderies pour entraîner tous les hommes dans ses filets. Mais n'est pas manipulatrice qui veut. Malheureusement, Chiara est plutôt du genre spontané. Trop spontané. À côté, Bridget Jones passerait presque pour une femme fatale !

Alors qu'âgée de 33 ans elle s'apprête à se faire enlever une tumeur au sein, l'heure est venue pour Chiara de faire le bilan de sa vie. Et s'il n'est pas glorieux, il a le mérite d'être drôle.

De l'adolescence à l'âge adulte, en passant par le lycée, la fac, une multitude de boulots, beaucoup de râteaux, et surtout une bande d'amis un brin névrosés mais dévoués, Chiara nous entraîne dans ses tribulations de serial gaffeuse à la recherche du job de rêve et du prince charmant.

 

mon avis

Ma vie, en plus sexy est un roman du genre comédie - chicklit, dont je ressors assez mitigée. J'ai à la fois beaucoup ri par moment et à d'autres je me suis sentie triste et déconcertée par les mésaventures de l'héroïne, surtout lorsque l'on sait que le récit est autobiographique. Je suis d'ailleurs en admiration devant le courage dont Chiara Moscardelli fait preuve pour exposer ainsi au grand jour ses péripéties peu glorieuses dont on se demande dans quelle mesure n'aurait-on pas gagné à ce que l'histoire puisse s'inspirer de la vie de l'autrice, certes, mais en la romançant et en faire une œuvre de fiction. Cela aurait donner probablement un roman plus agréable à lire. Car en effet, l'héroïne est assez pitoyable dans son ambivalence à vouloir trouver le prince charmant en dépit de tout car elle ne se sent rien sans un homme et son obsession à vouloir être une gatta morta, une femme fatale, qu'elle n'est absolument pas du reste, pour attirer dans ses filets tous les hommes qu'elle désirerait. Ce qui donne au final une histoire assez délirante, parfois désopilante, mais qui a le mérite d'être authentique et vraie même si l'héroïne fait un peu pitié dans son aveuglement de quête d'homme(s) et d'amour.
Chiara n'a que trente-trois ans lorsqu'elle est sur le point de rentrer au bloc opératoire pour un fibrome au sein. C'est à partir de là qu'elle va raconter ses jeunes années d'adolescente et de jeune adulte qui l'ont menée jusqu'à cet instant fatidique. Chiara est plutôt ingénue. Elle croît en l'amour et qu'un jour il lui tombera dans les bras comme par enchantement mais son besoin d'amour est si borné et exclusif qu'elle s'y perd et provoque l'inverse. Par ailleurs, elle attire la malchance et les catastrophes ou leur donne trop d'importance peut-être. Heureusement, elle est entourée de vrais amis qui l'accompagnent durant toutes ces années joyeusement et qui sont eux-même tous plus ou moins névrosés.

Ma vie, en plus sexy est un roman drôle par ses situations loufoques, ses mésaventures rocambolesques et ses personnages déjantés. C'est un roman entrainant grâce à une héroïne pétillante mais déconcertante qui émeut souvent par sa naïveté et son manque de confiance, mais qui peut agacer aussi par son manque d'amour-propre.

J'aurais préféré, pour ma part, que l'autrice s'inspire de sa vie pour en faire une œuvre de fiction romancée car j'ai ressenti un certain malaise au sujet de cette anti-héroïne qui fait pitié par moment. Mais je salue le courage dont Chiara Moscardelli fait preuve pour se montrer telle qu'elle était dans ses plus maladroites aspirations. Cela a le mérite d'être réaliste et révèle toute la dérision que peut vivre une jeune fille jusqu'à ce qu'une prise de conscience au milieu de la trentaine lui permette enfin de devenir adulte, de se sentir réellement une femme majeure.

Par conséquent, malgré Francesco ou grâce à lui, j'étais Chiara, enfin. J'avais pris l'habitude de réviser avec Matelda. On se voyait souvent chez moi et en fin de journée, Luca et Michele sonnaient à l'interphone. Venait alors le tour quotidien du quartier pour promener Matisse, le chien de Luca. Pendant ces promenades, nous parlions de nous. Ou plutôt, je parlais de Francesco et mes amis écoutaient avec patience. Ces promenades nous ont aidé à grandir, elles nous ont offert des moments inoubliables et elles nous ont unis pour toujours.

J'ai étudié la gatta morta à fond et je m'en suis fait une idée très nette. La gatta morta est un génie.
Sa passivité apparente dissimule une force et une agressivité hors pair. C'est une marionnettiste qui tire les pantins inconscients. On n'y peut rien, il n'existe aucune arme contre elle.

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